Electro-punk Suicide-aire dans le sens Vega du terme (Château rouge), rock minimaliste d’un Cure juvénile, chanson française mortifère (la tour de Nesles), Country-rock des Appalaches (Miss Lou Got lovers), blues-rock craspec à la Jesus and Mary Chain (Electric Hindu), et violence contenue ou pas mais trèsVelvetienne…Chaque titre de Château Rouge semble tirer son essence d’un parfum différent, ayant tous comme points communs, la force visionnaire de leur odeur sulfureuse. Sur le papier, l’album pourrait sonner comme une auberge espagnole du meilleur des années 70 et 80. Mais My Sister Klaus (alias Guillaume Tessier, auteur du texte de Budapest de Poni Hoax et vocaliste pour Joakim) transcende chaque style de sa présence décadente et fiévreuse. Et il fait de Château Rouge une œuvre qui n’appartient qu’à lui. Dans un geste de réappropriation, il prolonge chaque référence comme un bâton de rouge qui déborderait avec ostentation des lèvres pulpeuses. Il met un synthé cheap 80’s dans une ballade urbaine à la Lou Reed (Do wake), ou chante la folk américaine avec une androgynie outrancière. Aujourd’hui où une armée de groupes-clones est en marche, pensez que le vrai punk, c’est lui. Sans toute la panoplie vestimentaire réglementaire, sans tous les tics musicaux obligatoires mais avec une intelligence et un raffinement diabolique.