A quoi reconnaît un bon album de pop ? A ses mélodies bien troussées, à ses idées d’arrangements fourmillantes, à sa faculté de mettre de la mélancolie dans des morceaux enjoués et réciproquement, une légèreté dans des moments plus tristes. Throw me the statue et son Creaturesque répond parfaitement à un cahier des charges auquel on pourrait ajouter la voix en demi-teinte de son chanteur Scott Reitherman et encore la modernité de certains partis pris (comme le son électronica de Snowhoes). Parfaitement mitonné par Phil Ek (producteur pour The shins, Band of Horses, Fleet Foxes),
Creaturesque pourra réconcilier les anciens et les modernes dans un florilège d’idées brillantes qui revitalisent sans cesse un morceau déjà attirant (les trompettes sur waving at the shore). C’est simple, évident de mélodie, presque cheap (y compris dans ses synthés et en même temps fin, inventif et classe. Quelque part entre Grandaddy, Pavement, Eels et Midlake, le groupe de Seattle vient faire sa petite place dans le best of de l’année. Tiens, je vais aller acheter Moonbeans, le premier album de Throw me the statue…