Après un premier chapitre d'albums de reprises de country outlaw, voilà que Devildriver se lance dans un double album chapitré également ! Ils sont prolifiques les petits diables, mais est ce pour un bien ?
Et bien allons dans le vif du sujet !
L'album ouvre sur une intro dans un premier temps très calme, un arpège calme dans les gammes usées (dans les deux sens du terme) par Devildriver, non mis en valeur par un batteur peu inspiré.
Ensuite on switche directement sur de la bourrinade molle et bien peu rythmé: on sent directement que Devildriver, depuis plusieurs albums déjà, a perdu son groove d'antant.
Certains éléments rappellent Gojira, les américains ayant tous été séduits par le groupe français, aiment piocher dans le style atypique de notre fierté tricolore, mais cela ne fonctionne pas avec les spécificités du groupe californien, ne serait ce que la voix.
Hormis ce nouvel élément, le reste est du Devildriver peu inspiré, le nouveau line up n'apportant toujours rien de plus après 3 albums de présence et ne comble pas la valeur ajoutée qu'étaient les anciens membres.
Quelques morceaux sortent vaguement du lot, là où aurait pu être la surprise c'est dans le morceau Wishing où Dez Fafara nous fait enfin le plaisir d'utiliser sa voix clean. Mais hélas, la production et l'absence de prise de risques entre autre, en font un morceau moyen.
Un guest particulier vient s'ajouter aux parties vocales ! Il s'agit tout simplement d'un des fils de Dez: Simon "Blade" Fafara, dont le papa avait vanté les mérites du fils dans l'exercice sur les réseaux sociaux ces dernières années... Alors sincèrement, on ne peut rien en dire, ni en bien ni en mal, car clairement entre la prod' noyant tout, et le fait que la technique et la tessiture soit assez similaires: on ne nous l'aurait pas dit, on ne l'aurait pas remarqué, sauf sur quelques questions/réponses, vite fait.
Personnellement je vois ça comme un placement produit, pour lancer le fiston sans prendre de risque, qui lui permettrait potentiellement à moyen terme de reprendre carrément le flambeau de papa.
On va prendre un instant pour parler de l'artwork de la pochette, un élément qui n'a jamais été un point fort chez le groupe de Santa Barbara, mais là c'est la palme. Après celui d'Outlaw til the End vol1, dont la technique infographique tentait de nous faire croire qu'il s'agissait d'une peinture en plastique ce qui lui donnait un ton bien kitsch, ici on reprend le même illustrateur, la même technique et une palette de couleurs encore plus dégueu ! On imagine déjà les diptyques lorsque les volumes 2 sortiront...
Il y a quelques années, Dez avait annoncé la fin prochaine de son groupe, se jugeant plus ou moins "trop vieux pour ses conneries", ne fallait il pas mieux continuer à tourner sans nouveau skeud à vendre que de sortir ceux ci ? Ou alors il fallait prendre le temps et s'appliquer. Allez, on espère toujours qu'ils finiront sur l'ultime disque de qualité, la pépite, est ce encore possible ? Est ce que Mike Spreitzer a encore du riff à revendre dans sa boite à riffs ? Aura t-il l'aide d'un nouveau grateux vraiment utile ? Vous le saurez dans le prochain épisode de Dez et ses potes !