Cet album de Boz Scaggs est sorti en 2001. Sa voix reste magnifique, pleine de soul, sa passion pour le jazz et le rhythm’n’blues est intacte. Et il est logique que le grand Roy Hargrove, trop tôt disparu, y amène sa trompette sur quatre titres : c’était un des meilleurs musiciens de sa génération. Au rayon des réussites, Scaggs réunit une bonne partie de Toto, comme au bon vieux temps de l’âge d’or du rock californien, avec David Paich (aux claviers et à la production), Steve Lukather, Greg Phillinganes. On reste dans un registre très mid-tempo, sauf sur des titres (rares) plus enlevés comme « You’re not ». Mais le plus gros reproche que je lui ferais et ce qui a le plus mal vieilli, ce sont les orchestrations à base de boites à rythmes, très « boom-boom-tchac » et que j’ai du mal à supporter. Comme si Scaggs avait voulu absolument coller au son de son époque en « modernisant » sa musique (qui, soit dit en passant, n’en a pas besoin). Est-ce sur les conseils de Paich qu’il s’est lancé là-dedans ou était-ce son envie de musicien ? En tout cas, l’album n’est pas désagréable mais ces arrangements répétitifs gâchent un peu l’ensemble (« Sarah », « Miss Riddle », « Vanishing Point »…). Heureusement que Hargrove vient illuminer « Miss Riddle ». La guitare de Lukather est, elle, très (trop) discrète ("Get on the Natch").