Hafdis Huld a beau être encore une jeune femme, sa carrière est déjà bien remplie. Plus jeune membre du Gus Gus (16 ans à l’époque), l’Islandaise avait décidé de quitter le groupe dès le premier album pour voler de ses propres ailes. Après avoir illuminé un titre d’Organique, l’album de Zend Avesta, la voilà enfin avec son premier album. Entre temps, Hafdis a fait beaucoup de rencontres qui ont décidé du sort et du résultat de Dirty paper cup . Comme Pascal Gabriel qui a écrit pour Debbie Harry et Kylie Minogue, Jim Abiss, ingé son pour DJ Shadow, Bjork ou Chris Corner de Sneaker Pimps et I am X, producteur de Robots in Disguise. Une série de collaborateurs, tous grands pros, qui vont du pointu à l’ultra commercial, et dont la liste explique le sentiment que l’on peut avoir à l’écoute de l’album. Attention, il n’est pas question ici de délit de sale gueule
mais certains titres d’Hafdis évoqueront plus Kylie Minogue et Natalie Imbruglia que toute autre chanteuse fréquentable. Hafdis a quand même le goût de proposer des arrangements intimistes et /ou décalés (et non « grosse cavalerie » comme les chanteuses susnommées), sauvant certains titres de l’indigence. C’est d’ailleurs souvent toute l’ambiguïté de l’album, de faire une pop au fond convenu mais de la retranscrire de manière un peu chaotique et brinquebalante avec un banjo ou un ukulélé (Ski jumper, sorte de blues blanc lo-fi). Et quand le fond suit, cela donne Ice cream is nice, perle Far North où tout le monde veut partir pour la ruée vers la glace. Ou Tomoko, petite comptine enfantine, qui devient par son traitement (avec un synthé cheap) un petit hymne pop un peu pervers. A noter aussi une reprise sympa du Velvet Underground qui, après la relecture, ressemble à un titre de Mamas and Papas. Un album en demi-teintes donc.