J'ai eu du mal à reconnaître Wildpath. Pendant les dix premières minutes de l'album je me suis demandé si je n'avais pas mis un autre groupe. Et petit à petit quelques arrangements rappellent quelque chose, mais sans jamais se raccrocher vraiment aux premiers albums du groupe. Le 6e morceau (confined, qui arrive plus de vingt minutes après le début, tout de même !) est je trouve celui qui ressemble le plus aux anciens albums (avec, dans une moindre mesure, le 14e, absencia, mais juste au début). C'est à mon sens les seuls où on peut encore considérer Wildpath comme un groupe de métal. Et encore : peut-être que je dis ça uniquement parce que ce sont les morceaux les plus nerveux de l'album. Ce n'est plus de la musique d'accompagnement mélangée à de la pop, de l'électro ou quelque chose de ce style, déjà. Quant au reste, c'est un autre univers (avec des effets bizarres posés sur les voix... très expérimental, trop peut être). Wildpath est désormais dans le genre des copeaux de métal, si je peux me permettre ce jeu de mot. Bien sûr personne ne critique la créativité, ni la recherche de la nouveauté, mais un changement si violent n'en finit pas de me surprendre.
Ce n'est plus du métal mais ce n'est pas complètement devenu autre chose. La question, c'est est-ce que tous les membres du groupe ont pris des tranquillisants pour enregistrer ? Il n'y a quasiment plus de solos, jamais de passages hyper rapides (où Wildpath a pourtant prouvé son savoir-faire), pas un instant d'énergie, plus de caractère épique, et en remplacement des chants pour amateurs de romantisme et de subtilité hyper subtile (maintenant c'est du chant lent, éventuellement à plusieurs voix, plus des interventions ponctuelles des voix secondaires pour apporter de la variété...) Tristesse.
Comme on dit, la vieillesse est un naufrage, mais je ne pensais pas qu'elle commençait si tôt chez certains musiciens. Disclosure me rappelle les fameux NDA (non disclosure agreements) : les musiciens remplissent leur contrat. Je ne sais pas s'ils y prennent du plaisir, mais ils n'en communiquent pas, en tout cas.