Eagles Live (Live)
7.4
Eagles Live (Live)

Live de Eagles (1980)

Quand ce double live sort en 1980, le groupe n’existe déjà plus ! Le 31 juillet 80 après le concert violent de Long Beach, les Eagles s’étaient séparés. C’est lors de ce concert que Don Felder et Glenn Frey ont failli en venir aux mains, menaçant tout du long l’un et l’autre de « se tuer » dès qu’ils sortiront de scène, rien que ça…Les avis divergent pour savoir s’ils en sont vraiment venus à la violence physique. Certains témoins le disent mais Frey comme Felder l’ont toujours nié, préférant arrondir les angles peut-être ? Felder semble être parti en explosant une guitare. Des tensions anciennes sur fond de lassitude des tournées, la pression pesant sur un des plus gros vendeurs du rock, des egos surdimensionnés et augmentées par l’alcool et la drogue. Incompréhension, paranoïa et incommunicabilité sont devenues de mise entre les musiciens. Au lieu de lever le pied et prendre une année sabbatique chacun de leur côté, ils ont continué les tournées épuisantes jusqu’à aller droit dans le mur. Une partie des rancœurs accumulées a explosé ce soir-là. Le groupe ne pouvait plus continuer ainsi. Peu après, quand leur producteur Bill Szymczyk demande à Frey quel est la suite du programme pour les Eagles, ce dernier lui répond laconiquement : « Il n’y a plus de groupe pour le moment ». Pourtant, leur contrat avec Asylum nécessite un dernier album alors, bon, pourquoi pas un live, facile et rémunérateur ? Ce double live va être réalisé avec des enregistrements de la tournée 77 Hotel California et la tournée 80 The Long Run.

On ne peut pas dire qu’il ait bonne réputation auprès de nombreux critiques, en particulier chez Rolling Stone qui l'avait descendu en flèche à sa sortie et pendant longtemps (1994), ce fut le seul live officiel disponible du groupe. Don Henley a toujours répété que pour lui, ça n’était pas un bon disque et en plus, la 1ère version CD avait un son faiblard (habituelle à l’époque), il a fallu attendre la remasterisation de 1999 pour obtenir un son digne de ce nom. La réalisation de ce double live va être difficile puisque Frey avait renvoyé son manager Irving Azoff et n’adressait plus la parole aux autres membres. Pourtant, il faut réaliser des overdubs (nombreux) pour rendre cet album commercialisable à partir de pistes de différents concerts. Frey refusait de quitter L.A. pour y participer (très problématique pour les harmonies vocales par exemple). C’est ce qui a obligé Henley, vivant à Miami, à tout superviser depuis la Floride avec le reste du groupe alors que Frey a envoyé ses parties depuis L.A. d’un studio à l’autre sur cassette par…coursier ! Malgré tout, cela va donner un bon live, même lissé et en partie réenregistré, un assez bon instantané de ce que les Eagles faisaient en concert : une musicalité extrême, des harmonies vocales magnifiques, mais des versions qui ne différaient pas fondamentalement des originaux en studio. Il compilait avec efficacité tous les plus grands hits enregistrés sur différentes scènes californiennes entre 1976 et 1980. On retrouve ainsi selon le morceau soit Randy Meisner (au chant sur « Take it to the limit ») soit Timothy B. Schmit à la basse (et au chant pour « I can’t tell you why »).

Impossible de se mettre d’accord sur un voire deux morceaux inédits des Eagles à ajouter, ce qu’aurait voulu Asylum. La seule chanson inédite de l'album est une version de « Seven Bridges Road », reprise de Steve Young. Cette chanson mettait en valeur le chant en harmonie rapprochée du groupe, les couplets étant interprétés a cappella par les cinq membres. Cette chanson leur servait à chauffer leurs voix au tout début de concert et les harmonies sont à tomber. Deux morceaux écrits par Joe Walsh, "All Night Long" seul rescapé du concert à Long Beach et "Life’s Been Good", reggae-rock longue-durée de plutôt bonne tenue et agrémenté d’un synthé. Deux morceaux sympas de la part du rockeur-fêtard du groupe mais pas indispensables non plus. Comme tenu des circonstances, ce live se tient plutôt correctement et il reste agréable mais s’il existe des live non officiels enregistrés pour la radio qui permettent d’avoir une meilleure image des Eagles en concert dont Houston 1976, ou encore à Inglewood le 4 mars 80 (dans le coffret "Transmission Impossible), faciles à trouver et moins retouchés que ce live officiel. « Thank you and good night » sont les seuls mots figurant dans le livret de l’album. Plus grand-chose à dire après ça, avant des retrouvailles inattendues en 1994. L’histoire n’était donc pas totalement finie.

JOE-ROBERTS
6
Écrit par

Créée

le 4 août 2025

Critique lue 14 fois

JOE-ROBERTS

Écrit par

Critique lue 14 fois

D'autres avis sur Eagles Live (Live)

Eagles Live (Live)

Eagles Live (Live)

6

JOE-ROBERTS

2351 critiques

Un live posthume assemblé à distance

Quand ce double live sort en 1980, le groupe n’existe déjà plus ! Le 31 juillet 80 après le concert violent de Long Beach, les Eagles s’étaient séparés. C’est lors de ce concert que Don Felder et...

le 4 août 2025

Eagles Live (Live)

Eagles Live (Live)

LEPETITJOURNAL A LE SENS CRITIQUE-L'ALBUM MAGISTRAL

Une magnifique version du « Seven Bridges Road » de Steve Young en fait déjà une pépite. Ce double album live de 1980 est plus contractuel que nécessaire dirons les amateurs du groupe. En effet les...

le 29 oct. 2020

Du même critique

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

9

JOE-ROBERTS

2351 critiques

Superbe prestation romaine.

Gilmour n’a fait que quelques dates pour sa tournée 2024 et aucune en France. En Europe, il fallait se contenter de Londres ou Rome, dans le site antique prestigieux du Circus Maximus (Genesis et...

le 19 sept. 2025

Le Murder Club du jeudi

Le Murder Club du jeudi

5

JOE-ROBERTS

2351 critiques

Un Cluedo en maison de retraite un peu trop pépère

Ce film a bénéficié de gros moyens et l’affiche est alléchante : Chris Columbus à la réalisation, un casting cinq étoiles réunissant Helen Mirren, Pierce Brosnan, Ben Kingsley et Celia Imrie dans le...

le 30 août 2025

C'est le Zodiaque qui vous parle

C'est le Zodiaque qui vous parle

7

JOE-ROBERTS

2351 critiques

Une des affaires les plus mystérieuses du XXe s (et du XXIe s ???)

Parmi les grandes enquêtes criminelles non résolues, celle de Jack l’Eventreur à la fin du XIXe s, a marqué les mémoires jusqu’à aujourd’hui. Mais celle concernant le Zodiaque est aussi un véritable...

le 29 oct. 2024