Troisième album de John Foxx avec The Maths, Evidence poursuit le travail des opus précédents, en intégrant dans son univers synthé-pop quelques invités triés sur le volet.


La longue carrière de John Foxx, né en 1947 et leader historique de Ultravox et, référence pour Gary Numan, LFO ou, The Orb, a pris un nouveau tournant avec sa rencontre avec Benge alias The Maths, électronicien de vingt ans son cadet. Après Interplay en 2010 et The Shape of Things en 2012, voici donc le troisième volet des aventures d’un duo qui n’en est plus vraiment un. Le sexagénaire semble plus insatiable que jamais et non content d’enchaîner les albums, il multiplie les collaborations. Ainsi participent à Evidence, Gazelle Twin, le duo New Yorkais Xeno & Oaklander, The Soft Moon, la reine du Moog TaraBusch et last but not least, Matthew Dear. Non content de laisser la possibilité à chacun ou presque de poser des voix sur les titres, John Foxx and The Maths leur laissent le plus souvent co-écrire avec eux (c’est le cas de Matthew Dear) ou remixer leur musique. Le duo ouvre grand la fenêtre et certains s’y engouffrent vraiment.


Dés lors, les invités changent un peu, beaucoup ou passionnément la musique initiale de John Foxx and The Maths : Dear fait dans la dark house avec des programmations coupantes comme des rasoirs et des sonorités de claviers tombant comme des pluies acides (Talk). Gazelle Twin prend une direction opposée faisant de Changelings un modèle de dream pop éthérée et au charme non moins durable et sur Falling star, elle fait ressortir de John Foxx un aspect crooner synthétique qui nous avait un peu échappé jusqu’ici. Quant à Tara Busch, remixant le titre de Matthew Dear, elle en propose une version encore plus déconstruite mais augmentée de choeurs de sirène homérique ; le morceau devient dès lors insaisissable pour un vertige assuré.


Pour le reste, on retrouve le style John Foxx and The Maths, des mélodies froides, des voix de pop anglaise parfois trafiquées une musique exclusivement synthétiques et analogiques n’excluant pas des programmations convulsives. Cela donne toujours de bons morceaux (Evidence, My Town, et son thème new wave désarticulé). John Foxx and The Maths, est égal à lui-même et on ne va pas s’en plaindre., La musique met plus l’accent sur les sonorités percussives que pour les deux albums précédents, comme le prouve la reprise de Have a Cigar, John Foxx and the Maths remettant à plat Pink Floyd dans un minimalisme synthétique.
A 65 ans, John Foxx peut encore nous surprendre.

denizor
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le 13 janv. 2017

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