Même formule que pour le 1er album deux ans plus tôt, nos amis british de Grim Reaper, à l’heure du thrash triomphant, ne bougent pas d’un iota : du heavy metal simple et efficace, couillu et sans fioriture en quelque sorte. Oui, OK, tout ça manque un peu d’originalité par rapport aux gifles magistrales que nous assénaient alors Iron Maiden, Saxon et autre Judas Priest. Mais ça reste éminemment solide, basé sur des riffs acérés, des lignes vocales bien puissantes. Rien de révolutionnaire mais là n’est pas le propos. La production est bien plus solide que celle de « See you in Hell », l’expérience sans doute des deux années passées et des (petites) erreurs commises, fréquentes à l’époque. Le chant de Steve Grimmett semble meilleur et ça n’est sans doute pas une impression. Quant au maître gratteux de la formation, Nick Bowcott, il reste bien le leader du groupe. Avec « Fear no evil », le morceau titre, le groupe tenait un de ses (mini) tubes, le seul de l’album qui fera l’objet d’un vidéo clip et il arrache bien, rien à dire, pour un début d’album, ça vous décolle les écoutilles ! La suite malheureusement, n’est pas tout à fait du même niveau et ça, c’est toujours gênant quand le meilleur morceau de l’album est aussi le 1er. Ça crée une attente et elle est déçue en partie ; on a un peu l’impression d’un soufflé qui retombe à la sortie du four (vous visualisez ?). Du vraiment bon grâce à des morceaux comme « Let the thunder roar », « Rock and Roll tonight » (malgré la très/trop forte influence du Priest là-dedans) ou encore « Never coming back ». Mais aussi du plus faible, « Lord of darkness » ou « Fight for the last » sont d’honnêtes morceaux mais de quoi non plus faire de l’air guitar jusqu’à tard dans la nuit. L’énergie est bien là, la sincérité aussi, mais l’inspiration, elle, est plus ponctuelle. Voilà pourquoi Grim Reaper n’est jamais entré dans la 1ère division du hard rock mais est resté encore quelques années un valeureux soldat de la cause du heavy metal.