Fenomeno
6.7
Fenomeno

Album de Fabio Viscogliosi (2007)

Juste un instantané : un instrumental mélancolique à souhait qui pourrait accompagner des images en noir et blanc de jeunes hommes paumés sur une plage désertée de Rimini. Le morceau s'appelle Cascade et se trouve au beau milieu de deuxième album de Fabio Viscogliosi. Ils sont de plus en plus nombreux les nostalgiques de ce pop-rock italien années 60 avec guitare Gretsch, tremolo de crooner dans la voix, banane, brillantine et costume blanc de bal populaire : Sabo, Kid Francescoli. Mais Viscogliosi, fort d'un passé de Married Monk et surtout de son patrimoine sanguin, avait le premier oser aller chercher dans ces références-là le socle de sa musique. Il n'a pas encore repris Bobby "una une lacrima sul viso " Solo mais a réhabilité dans nos contrées la langue italienne et fait connaître l'oeuvre de Lucio Battisti. Sa passion est à ce point communicative que pour fenomeno, il a réussi à dévergonder Amadeo Pace de Blonde Redhead pour reprendre une nouvelle fois Battisti pour une reprise de Il nostro caro angelo, étrange et pénétrante. Par rapport à Spazio, son précédent album, Viscogliosi a plus peaufiné sa musique, s'entourant de quelques pointures de ses amis (Christian Quermalet, Jean-Michel Pirès, Sonia Zannad et Nicolas Courret) et profitant d'un temps de gestation long pour tisser des atmosphères spleen-esque et carrément cinématographiques. C'est très vrai sur les instrumentaux (Rumbubble, gymnasium), fait parfois de bric et de broque comme dans l'univers de Pascal Comelade, qui permettent de faire des pauses rêveuses entre des chansons qui épanchent leurs sentiments à la mode latine - quitte à agacer un peu - et d'autres plus rêches et plus directes (l'efficace Lago à ranger dans la famille Dominique A.). Hase, quant à lui, nous entraine dans une chaude torpeur pour mieux nous hypnotiser. Viscogliosi nous ouvre pleinement les portes d'un rock par définition initié par les Anglo-saxons mais revu et corrigé par la sensibilité italienne. Originalité et dépaysement garantie.

denizor
7
Écrit par

Créée

le 21 sept. 2015

Critique lue 151 fois

denizor

Écrit par

Critique lue 151 fois

Du même critique

Oiseaux-Tempête

Oiseaux-Tempête

8

denizor

1605 critiques

Critique de Oiseaux-Tempête par denizor

Le monde appartient aux ambitieux et Oiseaux-Tempête ne nous propose pas un simple voyage post-rock mais une véritable Odyssée dans une musique qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Album après...

le 10 janv. 2014

36 quai des Orfèvres

36 quai des Orfèvres

2

denizor

1605 critiques

Critique de 36 quai des Orfèvres par denizor

Ce film est un imposture. Au moment de sa sortie, la production avait capitalisé sur le passé de flic d'Olivier Marchal pour nous vendre le film comme "ultra réaliste", montrant de l'intérieur les...

le 1 févr. 2016

Pain Is Beauty

Pain Is Beauty

8

denizor

1605 critiques

Critique de Pain Is Beauty par denizor

Il est amusant de voir la promo de Chelsea Wolfe ramer pour définir la musique de la demoiselle : « drone-metal-art-folk » tel est le genre-valise utilisé pour catégoriser la musique de l’Américaine...

le 28 oct. 2013