Emily Remler a été une comète dans le monde du jazz, l'ayant traversé rapidement avant de s'éteindre, ses addictions ayant altéré sa santé. Elle a sorti ce 1er album en 1981, accompagnée du pianiste Hank Jones, du bassiste Bob Maize et du batteur Jake Hanna. C’était l’âge d’or du jazz fusion et pourtant Remler allait totalement à contre-courant de son époque en réhabilitant le bop des années 60 en reprenant les standards « Strollin’ » (Horace Silver) ou « In a sentimental mood » (Duke Ellington). Wynton Marsalis était dans la même veine. Un album enregistré rapidement sans répétition, comme une jam session. Un disque pas encore totalement abouti, un peu inégal mais brillant à certains moments et qui laissait présager une belle carrière. Suite au succès du disque, elle a obtenu une prolongation de contrat pour trois albums supplémentaires. En 1982, elle a déclaré dans une interview : « J'ai peut-être l'air d'une gentille fille juive du New Jersey, mais à l'intérieur, je suis un homme noir de 50 ans, corpulent, avec un gros pouce, comme Wes Montgomery ». Elle est morte en 1990 à seulement 32 ans. On a donc juste l’esquisse de ce qui aurait pu être une carrière exceptionnelle.