Glow & Behold
6.4
Glow & Behold

Album de Yuck (2013)

Sorti en 2013, Glow & Behold marque un tournant pour Yuck, avec le départ de Daniel Blumberg, figure vocale et charismatique du premier album. Ce changement de line-up se ressent dès les premières notes : le groupe semble prendre un virage plus doux, plus éthéré, quitte à délaisser un peu l’énergie brute qui faisait le sel de leurs débuts. Et si cette transition n’est pas dénuée d’intérêt, elle laisse aussi un léger goût d’inachevé.


D’emblée, ce qui frappe, c’est le choix d’un son plus propre, presque poli, où les guitares fuzzy et le grain lo-fi cèdent la place à une production plus léchée. Les influences shoegaze et dream pop sont toujours là, mais l’ensemble paraît comme enveloppé dans un voile pastel, à la fois doux et un peu trop sage. Les morceaux comme “Middle Sea” ou “Lose My Breath” sont agréables, portés par des mélodies simples mais efficaces, sans pour autant provoquer l’enthousiasme que le groupe avait su susciter auparavant.


L’album souffre peut-être d’un excès de retenue. Là où l’on attendait une montée, une cassure ou une intensité nouvelle, Yuck semble opter pour la prudence. C’est élégant, certes, mais souvent trop linéaire pour vraiment marquer. Il y a une certaine beauté dans cette mélancolie contrôlée, une volonté de maturité peut-être, mais elle se fait parfois au détriment de la spontanéité.


Cela dit, Glow & Behold n’est pas un album raté. Il possède une cohérence, une ambiance bien à lui, et certains passages touchent juste, notamment sur “Rebirth” ou “How Does It Feel”, qui laissent entrevoir un potentiel plus profond. On sent que le groupe cherche à se réinventer, à trouver une voix différente, plus intérieure. Cette exploration est louable, même si elle manque encore de relief.


En lui attribuant un 6.5/10, je reconnais à cet album des qualités certaines : une esthétique assumée, un travail soigné, et une sincérité palpable. Mais il me laisse aussi sur ma faim, comme si Yuck n’osait pas encore totalement embrasser sa nouvelle identité. Glow & Behold brille par moments, mais son éclat reste souvent timide.

CriticMaster
6
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le 18 avr. 2025

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