Les albums se suivent et se ressemblent...Enfin pas tous heureusement et Lonely Drifter Karen est une nouvelle pierre apportée à l'édifice de la diversité. Autrichienne d'abord émigrée en Suède puis à Barcelone, ayant trouvé dans la cité catalane deux soupirants (un espagnol et un italien) pour faire de la musique ensemble, Tanja Frinta n'a pas le pedigree de mademoiselle Tout le Monde. Et forte de ces expériences géographico-musicales, la jeune femme est emplie d'un bonheur sans pareille qu'elle s'efforce de partager généreusement. Grass is singing est donc une bouffée d'air pur, une pleine brassée de coquelicots jetés à la face du monde. Même dans ses moments plus mélancoliques, on se prend à rêver et nullement à déprimer. Car avec LDK, rien n'est grave.
Comme Judy Garland dans "Le Magicien d'Oz", on sait que la petite fille perdue arrivera à bon port. Tout ceci n'est que spectacle, factice, fiction et plaisir. Cet album doit autant à la Comédie Musicale, au cabaret, à la pop, au jazz, à la musique des années 40 ainsi que quelques cartes postales envoyées des Tropiques. Une voix de petit elfe à la Lisa Ekdhal et une présence à la Utte Lemper. La jeune femme se rêverait peut-être en Ingrid Bergman de Casablanca mais elle ne partirait pas avec Victor Lazlo à la fin, préférant la passion avec Bogart à la raison. Depuis, Tanja chante sur son vélo la tête en l'air, évitant les pots de fleur qui tombent et contournant les piétons stressés (au risque de sa vie donc) et sort sans l'air d'y toucher un album enchanteur.