Ce concert date de 1998 et il a eu lieu à Pittsburgh. Martin Taylor s’y produisait en solo et c’est l’occasion d’une vraie leçon de guitare mais sans esbroufe, ni virtuosité gratuite, il a trop de talent pour ça. Il n’est pas là pour jouer un déluge de notes en un minimum de temps, non. Il a accompagné pendant les années 80 Stéphane Grappelli, un grand musicien qui savait s’entourer de personnes de talent. On y entend sa passion pour Django bien sûr mais il se place aussi en héritier direct de grands guitaristes comme Wes Montgomery, Kenny Burrell ou encore Joe Pass. Le répertoire n’est constitué que de standards magnifiquement interprétés comme « They can’t take that away from me », « Gorgia on my mind », « Sweet Lorraine » ou encore « I remember Clifford ». Un très beau concert par un musicien au final assez peu connu et reconnu en France (peut-être trop « classique » ??? Je ne sais pas…) alors qu’il fait carrière dans le monde entier. Il a joué dernièrement avec Biréli Lagrène. Je l’avais découvert un peu par hasard dans le DVD d’un concert hommage à Scotty Moore, le guitariste d’Elvis, enregistré à Abbey Road avec une pléiade de stars bien ternes pourtant par rapport à ses apparitions. Preuve de cet « oubli » ou « indifférence » de la France ? Jazz Magazine a sorti un numéro en novembre 2023 avec un dossier de 35 pages sur les dieux de la guitare » (s’éloignant même du jazz pour citer des musiciens comme Steve Lukather et des biens moins connus). Le dossier est remarquable et très intéressant mais ne cite pas une seule fois Martin Taylor, c’est franchement dommage. Les amateurs et amatrices de belles guitares, de jeu terriblement swing tout en étant très subtil, savent par contre ce qu’on doit à ce guitariste qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir.