Dans le nom aMute, le "a" est privatif. Autant dire que le groupe de Jérôme Deuson est tout sauf muet - mute en anglais, même si le Belge aurait pu se retrouver sur le label Mute. Il fait au contraire le plein de sons, d'ambiances, des textures nourri qu'il est de plein de genres musicaux qui se marient ensemble avec bonheur. "Impressionnant" pourrait être l'adjectif qui vous saute aux yeux. "Impressionnant" quand on voit la liste des intervenants : Robert Toher (Apse), Joseph Dessler Costa (L'Altra), Bryce Kushnier (Vitaminsforyou, Do make say think)... la crème d'un certain post-folk des plus brillants s’est donné rendez-vous. "Impressionnant" musicalement aussi par la densité de chaque morceau qui vous ouvre chacun en grand la porte vers un monde différent. Il y a du Peter Gabriel (Spread, no other man) ou du N.I.N (période The Fragile) dans ses strates de niveaux de lecture, cette profondeur de champs et ses plongées abyssales. "Impressionnant" par la puissance du son qui vous scie parfois en deux. Le morceau en ouverture Break est à ce titre monumental. Un piano classique rendu contemporain par sa musique en boucle, une voix hantée et soutenue par des instruments à vents en mode mineur utilisés de manière très modernes et puis des programmations électroniques qui s’immiscent à travers les stries et tout à coup, une musique qui gronde et emporte tout sur son passage. Coup de théâtre, choc émotionnel violent dont aMute ne sera jamais avare. Tout est ici digéré comme souvent dans le post-rock : jazz, musique contemporaine (l’indépassable Steve Reich), electronica, spleen Curiste et bien sûr rock (le diptyque Enclosed movements / inner you sorte de Deep Purple version post-rock est monumental). A tout cela, aMute ajoute sa touche indus (May faint). Parfois, ça tonne, parfois ça respire mais la musique révèle toujours des trésors de subtilités. Le plus classique post-folk Begone est un véritable éloge de la nuance et de la retenue. Et pourtant, il y a sur le morceau des cordes, des cuivres, une rythmique slowcore, des machines qui irradient mais tout cet appareil reste en creux pour provoquer une émotion maximale. Rien que pour ce titre, Infernal heights for a drama est un chef-d’œuvre. Et en plus, il y a 7 autres titres qui valent le détour, chacun à sa manière. Outre les titres déjà cités, parlons encore de When things are not going back qui montre à quel point le folk acoquiné à l’electronica peut avoir un visage humain. En tout point un must absolu.

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le 11 sept. 2015

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denizor

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