Isle of Dogs (OST)
7.6
Isle of Dogs (OST)

Bande-originale de Alexandre Desplat (2018)

Fraîchement oscarisé (la seconde fois pour lui) pour sa mise en musique du film "La Forme de l'eau" de Guillermo del Toro, Alexandre Desplat perpétue ici une nouvelle collaboration avec le brillantissime réalisateur, Wes Anderson. Si sa composition pour l'oeuvre de Del Toro manque, à mon goût, cruellement de saveur, il en va tout autrement ici.
Nombreux sont ceux qui critiquent ouvertement les bandes originales de ce compositeur français dorénavant mondialement reconnu pour son travail. Pour la plupart, je les trouve bien sévères voire injustes. Pour autant, il est vrai que Desplat souffre parfois de ce qui semble être un manque d'inspiration, mais il semblerait que cela soit souvent en lien avec l'univers qu'on lui propose d'illustrer en musique.
Son succès l'a amené à recevoir des offres venant de toute part et a faire parfois de mauvais choix, peut être par admiration pour le réalisateur, ou peut être par nécessité (il faut bien vivre). On pourrait ainsi lister une succession de films où les compositions de Desplat ne sont pas mémorables(voire inégales et plates comme pour "Monument's Men", "Valerian", etc). Le soucis avec lui, c'est qu'à mon sens, il n'est pas un compositeur à peplum, pas un compositeur à blockbuster.
Non, là où Alexandre Desplat se montre le meilleur et le plus à son aise, c'est quand il rencontre un univers, et si possible un univers soit intimiste, soit loufoque. Mais un univers ! Une personnalité. C'est comme cela qu'il a composé cette merveilleuse bande originale qu'est "L'étrange histoire de Benjamin Button" ou encore "The Danish Girl". La touche intimiste lui va comme un gant, on pourrait presque dire qu'il est fait pour cela et que ses thèmes font alors souvent mouches.
Et puis il brille dans un registre plus "barré" et cela depuis sa collaboration avec Wes Anderson, collaboration débutée avec "Fantastic Mr. Fox" et qui perdure depuis. Les deux hommes se sont trouvés et la patte du français habille dorénavant sur mesure les fantaisies bigarrées de l'américain. Cela avait donné notamment l'excellente B.O. pour "The Grand Budapest Hotel", pour laquelle il avait obtenu son premier oscar.
Et les deux hommes se retrouvent de nouveau pour "Isle of Dogs" ("L'île aux chiens). On reconnaît ici des éléments musicaux nippons sans que cela tombe dans une sorte de parodie. Les percussions rythment le film et contribuent à lui donner une âme. On trouve ça et là des références aux films de Kurosawa. Tout un ensemble de sons hétéroclites se rencontrent pour donner naissance à une bande originale à la fois moderne dans son style, tout en possédant une beauté ancienne et historique. La musique de Desplat contribue à prendre le spectateur par la main pour l'immerger dans l'Univers d'Anderson. En cela, c'est une réussite complète et je ne pense pas que les spectateurs puissent sortir du film en disant que la musique est absente ou d'une navrante platitude.
Cela fait plaisir de retrouver Alexandre Desplat au sommet de son art. Mon souhait serait qu'il continue à choisir des projets comme celui-ci qui lui ressemblent et qui l'inspireront, afin de nous offrir des musiques qui embelliront notre univers musical et cinématographique.

JulienPcvl
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le 15 avr. 2018

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Julien Pcvl

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