Dès la couverture de l'album, on sent que quelque chose ne va pas.
Sous des airs mignons se cache un truc bizarre, on dirait que c'est glauque mais pas vraiment.
Et tout au long de l'écoute on ne saura jamais car l'album va déployer son inquiétante étrangeté en jouant justement sur cette ambiguïté.
C'est là tout le génie de cette oeuvre : avoir compris comment se placer en plein milieu de la vallée dérangeante, en alliant des textes toujours gentils et une structure musicale toujours déglinguée. On ne sait pas vraiment ce qu'on doit ressentir et ça créé avant tout un malaise.
Parfois on a même le droit à des petits moments purement esthétiques, des petites mélodies ou des petits bouts de textes, qui servent à rendre les moments mémorables bien qu'ils paraissent outre mesure inutile à l'histoire (comme le fait que les personnages non-animaux précisent s'ils sont végétariens ou non). Cela va aussi créer des écarts qui contribuent très bien au côté bizarre de l'ensemble.
Le truc vraiment dommage c'est que les meilleurs moments de l'album c'est les histoires, la première et la dernière piste, car c'est là qu'on peut faire la vraie distinction entre ce qui se passe musicalement et la narration. Ce gap entre les deux qui fait la force de l'album disparaît dans les pistes du milieu qui sentent un peu le remplissage inutile.