Dans son album précédent, Marianne Dissard affirmait son côté Entre deux, elle la Française vivant en Arizona. Musicalement, elle essayait de mélanger folk de l’Ouest et chanson française dans la même veine que son ami Naim Amor. Produit par Jim Waters (The Little Rabbits), L’abandon reprend les choses là où elle les avait laissées : en Juliette Gréco du Far West, sorte de Calamity Jane apportant son français dans le monde de Calexico (Almas Perversas, l’exilé), à moins que cela ne soit David Lynch (Un gros chat). Il y a certes trois (bons) titres en anglais (le sensuel Neige Romaine, le nocturne Fugu, le bluesy The one and only) mais pour le reste, Marianne Dissard reste bel et bien fidèle à ses origines. La dame a une voix mature et affirmée très loin de la jeune ingénue au timbre diaphane, ce qui est à la fois une grande force donnant de la personnalité à la musique mais en même temps une faiblesse car prenant parfois trop de place par rapport à une musique qui peut aussi tisser de belles atmosphères (Eté hiver). Dès lors, Neige romaine où Dissard est en duo avec la voix de velours de Brian Lopez est peut-être le meilleur titre du disque. Autant vous dire que je ne suis pas très fan de chanson française mais ainsi troussée avec cette voix trouble et certains arrangements qui ne le sont pas moins, je me dis que la Nouvelle Chanson Française tendance réaliste a beaucoup à apprendre de la dame.
denizor
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le 28 nov. 2012

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