Cet album me fait penser à du Canada Dry©, dont les plus anciens se souviennent de la publicité des années 80 : ça ressemble à un album en concert, ça a bien des applaudissements, mais ça n’est PAS un album live !!! 🤗 Faites donc bien attention au titre, il est mensonger. Bien sûr, des live « retravaillés » en partie ou totalement en studio, on en a des paquets et en soi, quand on connaît le procédé, ça n’est pas honteux, ça permet de gommer des problèmes techniques, des erreurs des musiciens. Les fans de rock purs et durs préféreront toujours, eux, les témoignages « bruts de décoffrage » comme on peut les trouver sur des enregistrements non officiels. Ici, on est face à une tromperie caractérisée de la maison de disques sur laquelle les musiciens n’ont sans doute rien eu à dire ou à faire. En 1966, les groupe s’est formé au Texas autour du trio central formé par Roky Erickson, Stacy Sutherland et Tommy Hall. A ce trio se sont joints Benny Thurman (basse) et John Ike Walton (batterie). Leur 1er album en 1966 («The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators ») avait marqué les esprits en « inventant » pratiquement la notion de rock psychédélique, Tommy Hall y prônant même les substances chimiques pour atteindre un niveau de conscience supérieur. Mais le succès commercial avait été modeste.
Le 2e avait fait encore moins bien («Easter Everywhere » en 67). Le manque de succès ainsi que les abus du leader Erickson qui fait de nombreux séjours en hôpital psychiatrique n’aident bien sûr pas et le trio originel est au bord de l’implosion, les concerts étant devenus plus qu’inégaux voire souvent calamiteux, leur état de dégradation étant assez avancé. C’est alors que leur maison de disques International Artists sentant la fin toute proche décide de capitaliser sur le (petit) succès du groupe avant qu’il ne soit trop tard en sortant un live, devenu un incontournable dans les années 60. Seulement voilà, aucune bande n’est exploitable et la décision est prise de bidouiller un faux live à partir de prises de studio remontant presque toujours à 1966 et pour que « ça fasse plus vrai » eh bien, on rajoute des applaudissements ! Voilà, emballé c’est pesé !!! Quelques reprises comme « Before you accuse me » et « Everybody needs somebody to love », quelques versions du 1er album dont les mini succès « You’re gonna miss me » et « Roller Coaster » et l’affaire est dans le sac Messieurs-Dames ! Le résultat est forcément peu convaincant, pas à la hauteur d’un groupe très influent dans le rock. C’est une chose d’ajouter ou d’enlever sur des bandes enregistrées en public, ça en est une autre de totalement les trifouiller pour « faire comme si » en se moquant totalement des musiciens qui de toute façon, à ce moment-là, étaient proches du point de rupture. En 69 The 13th Floor Elevators a sorti un dernier album studio mais seul Sutherland subsiste du trio de départ, Erickson et Hall sont déjà partis. Depuis, des live enregistrés le plus souvent par les radios sont apparus avec un son plus ou moins écoutable, il faut bien l’avouer.