Scanners ne va pas manquer d'entretenir un cliché musical : l'Angleterre, terre où la pop coule naturellement dans les veines de ses artistes. La preuve par la musique, dans un album au spectre finalement large, mais toujours séduisant.


Fort déjà de deux albums, le groupe emmené par Matthew Mole et Sarah Daly nous avait déjà mis la puce à l'oreille sur ce que serait son troisième, opus : il y avait eu, EP avant-coureur Mexico dont nous retrouvons les trois titres ici même. Love is Symmetry ne sera là que pour parfaire l'idée que l'on se faisait des cinq de Londres. Et même accentuer l'idée positive que l'on avait d'eux : cachant en partie son jeu, les meilleurs titres du, Scanners nous étaient jusqu'à présents inconnus. Ce groupe en un clin d'oeil,, a séduit Steve Aoki du label Dim Mak (Gossip, Bloc Party, The Rakes) ; il a, le potentiel de faire de même avec vous.


Même si le groupe s'appelle Scanners, Il serait vain de passer au crible chacun des douze titres qui composent Love Is Symmetry et détailler toutes les références possibles. Celles-ci seraient à chercher autant dans l'électro-pop, l'americana libéré d'un Arcade Fire, (Mexico), que les aspirations plus sombres de Siouxsie and the Banshees ou dans un autre style de PJ Harvey. Il y a des ressentis qui sont évidents, comme celui d'un groupe qui semble aussi à l'aise dans un monde électronique que dans des saveurs nettement plus naturelles. Scanners aime autant les guitares - y compris acoustiques - que les gros sons de synthés qui s'enfoncent largement dans vos oreilles (Control, déjà connu et apprécié, ou Today in the tomorrow that I promised yesterday, addictif comme une dose de prozac). Autre évidence,, celui d'avoir affaire à un groupe en phase, avec son époque - c'est-à -dire ayant assimilé toutes les strates, précédents de la pop au sens large, sans pour cela tomber dans un quelconque revival. Cet album a finalement un large spectre ; il s'unifie pourtant, par, une volonté omniprésente de trouver une mélodie accrocheuse et séduisante.


Scanners, c'est un peu un Blondie de 2013 avec une chanteuse brune et, avec sa part de morceaux aux airs de déjà -entendus (revers presque obligé d'un album de popsongs). Mais ce bémol est finalement peu important : on est là pour prendre du plaisir et on en prend. Et finalement, même un peu plus, quand tous les éléments proposés semblent converger, ensemble, dans une précision confinant à la magie, pour trouver leur point d'excellence. Guitares, claviers, percussions, voix ...tout s'assemble parfaitement sur Love is Symmetry dans un climat sulfureux, entre chien et loup. Sur, A smile on both your faces, dans une douceur d'aurore, soutenu par un rimshot dramatique, c'est bien le sentiment mélancolique qui parle et qui bouleverse. Oubliés dès lors le seul savoir-faire, la tradition britannique pour la pop, et toutes les références du monde. On pense Scanners et seulement Scanners et on dit merci.

denizor
7
Écrit par

Créée

le 2 oct. 2015

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