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« Cet EP est notre lettre d’amour à la France, la musique et la langue française ». Sans être particulièrement cocardier, on boit du petit lait, d’autant plus que ce mot vient de Casey Dienel, auteur sous le nom de White Hinterland, d’un des plus jolis albums de 2008, Phylactery factory entre folk et jazz. Pour cet EP, l’Américaine entourée comme à l’accoutumée de Matt Meyer et Shawn Creeden a choisi de reprendre des chansons françaises. Par n’importe lesquelles car si Casey a du goût, elle a aussi de la culture et de la personnalité. Pas de surprise à voir figurer ici J’ai 26 ans un titre de Brigitte Fontaine. White Hinterland se réapproprie Requiem pour un con, rendant le standard déjà obsédant de Gainsbourg irascible et grinçant (il y a du Velvet Underground là dedans).


Pour le dépouillé Mon ami la rose, la quiétude est retrouvée et on prend place avec délectation dans un confortable cabaret jazzy d’avant-guerre. Pour compléter l’EP, deux nouvelles compositions de Casey, dans la mouvance de Phylactery factory mais écrits en français. Chant du grillon est un titre insaisissable qui enchante autant qu’il effraie. Lunirascible, malgré son titre (contraction de Lunatique et irascible ?) termine le disque sur une note bleutée. Seul bémol de l’EP, l’accent épouvantable de Casey Dienel mais comme la jeune femme s’en excuse par avance auprès de tous les auditeurs, on lui pardonne.

denizor
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le 4 sept. 2015

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