Le shoegaze (My Bloody Valentine) comme le Post Punk (Joy Division) sont difficilement saisissables. Partons de ce principe bête et méchant : tout style contenant "post" est forcément bon voire mieux. Le rock à son post-rock (Mogwai, 65daysofstatic), le metal à son post metal (Isis), le punk son post-punk, même le hardcore à son post-hardcore (At The Drive-In). CQFD. Le post c'est le bio de la musique, c'est bon pour tes oreilles.
Du coup, il y a des musiques qu'on a envie de faire partager juste après les avoir entendu. MEANS de FEWS en fait partie. Si je recommandais cet album à une personne qui ne soit pas forcément branchée shoegaze, post punk et compagnie, je miserais sur Drinking Games. Ce titre est à la fois énergique, planant, éthéré, sucré, nocturne. Oui, ce morceau est à l'image du genre, difficilement qualifiable.
Le groupe originaire de Malmö (Suède) semble savoir comment accompagner parfaitement les nuits fraîches. Pour conquérir les terres exotiques, les gars font les choses en règles avec l'instrumental I.D. en guise de contrôle d'identité. Si tout se passe bien, ils sortiront sans plus attendre leur nuage de guitares électriques avec The Zoo. A partir de ce moment, vos pieds ne toucheront plus le sol de si tôt. Si par malheur vous vous sentez partir dans les bras de Morphée, 100 Goosebumps va secouer votre épiderme avec un charley légèrement ouvert, des bon coups de crash et une caisse claire quasi sans repos. Mais le shoegaze étant ce qu'il est, les sons éthérés reprennent sur Keep On Telling Myself. Et ainsi de suite, vous serez balancé entre shoot de taurine et shoot de morphine tout le long du voyage. Le tout fini en apothéose avec Ill, vous n'avez plus qu'à vous laisser partir, vous abandonner aux sons enivrant des guitares. Le sol n'est définitivement plus là.