Contrairement à l'illustration erronée qui figure ici, la pochette de Macho Champions, résolument kitsch, exhibe trois hommes bodybuildés, chacun dans l'encadrement d'une étoile à 5 branches. Le tout émergeant dans un tapis de rectangles oranges qu'on prendrait anachroniquement pour des pixels. Mais passons... Deuxième album du groupe australo-étatsunien Ashtray Boy, Macho Champions ne concourt à aucun championnat de bon goût, du moins pas celui qui voudrait se conformer à une composition soignée de bon aloi. A travers les douze titres aux allures de comptines surréalistes, on tombe sous le charme élégamment dissonant de ces morceaux dont le timbre nous rappelle les Cannanes, cet autre groupe des antipodes mené au chant par le même Randall Lee. Ashtray Boy navigue entre deux hémisphères et compose dans une bipolarité aux références absconses. Dès le premier titre "I am Sponge" on est absorbé. Puis la galerie de portraits devient nominative à partir de "Amy Grant Super Number" aux intonations jazzy (ce doit être à cause du saxophone) et qui révèle aussi une parenté avec un Jarvis Cocker contemporain. On fait alors la connaissance de Val & Gina, de Rupert, d'Eddie, de Roy et de Maureen. Bienvenue dans l'univers d'Ashtray Boy dont les membres, je vous rassure, ne se hisseront jamais sur les marches du podium des machistes.