Après son premier album sorti en 2011, revoilà AntonioVitale alias Jester at Work. Avec ce barbu intraitable, la donne n’a pas vraiment changé : un disque de folk-rock crépusculaire, aride et sobre enregistré à l’ancienne, en analogique. Pourtant, l’Italien bénéficie ici d’un vrai studio et voit la plupart de ses compositions étoffées en terme d’arrangement; il se dessine derrière lui un vrai groupe (le blues rock Unsolved Mistery Msery sur les traces de Mark Lanegan). Sublimées par une voix virile et enveloppante, ces chansons rugueuses allient souvent une guitare électrique sourde avec une acoustique 12 cordes à la sonorité vibrante, comme la rencontre de la poussière et de l’air éclairée à la bougie. Jester at Work sait se faire plus pop avec peu (Come back Soon et son métallophone illumine la nuit). Ailleurs, les choeurs et des percussions éparses amènent même une touche de mysticisme shamanique. Antonio Vitale aurait-il bu du peyolt ; on peut parfois se poser la question (Green Eyes, Estaçion 14). En tout cas, certaines visions psychédéliques déforment un peu la réalité et font entrer la musique dans une dimension plus irréelle. Entre Mark Lanegan, Neil Young et Greg Ashley le leader de Gris Gris, un disque habité d’hommes, de vautours et d’esprits.