Meandres
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Meandres

Album de Imagho (2013)

15 ans d’expérience feront toujours la différence et Imagho livre un album quasi parfait entre limpidité harmonique et accidents musicaux.


Jean-Louis Prades est connu, sous le nom d’Imagho, par l’amateur de musique instrumentale depuis 1997. Une infime frange de la population sans doute, mais fortement séduite par les différents albums délivrés déjà par le Lyonnais. Guitariste aussi à l’aise dans l’électricité que dans l’acoustique, ayant joué aussi bien dans des trios jazz que dans des groupes noise, Imagho a réussi à tracer un sillon délicat entre rock, folk, jazz et électronique, s’affranchissant ainsi des barrières. On pourrait rajouter des »post » à tous ses genres énoncés car le musicien en propose toujours une version épurée, décidant de ne garder que l’essentiel. Comme Matisse dessinant un croquis simple dans sa facture et sous les regards médusés, précisant qu’il lui a fallu vingt ans pour en arriver à ce résultat.


Sauf que si le rendu peut paraître au premier abord simple, le travail d’Imagho est d’une infinie complexité, quand on y écoute de plus près. Comme l’agencement précis et subtil de différentes fragrances. L’album s’appelle Méandres et ce n’est pas pour rien. Et si la musique apparaît d’abord limpide sur une femme, dès Great Mazinger, Jean Louis Prades multiplie les embûches. Prades le guitariste, pourrait , jouer à la fois du Nick Drake, du Pat,Metheny ou du, Explosions in the Sky, déployant un fil que l’on prend plaisir à suivre., Mais le Lyonnais ne s’arrête pas là , joue aussi du piano à la manière pointilliste d’un Satie ajoute des habillages électroniques parfois parasites et choisit chaque fois de rajouter une dose d’expérimentation dans sa musique. Le but n’est pas de perdre l’auditeur dans ses Méandres mais plutôt donner un peu d’aspérité et textures aux entournures. Les effets , transforment ou déforment les guitares (Rosebud), des coups de griffe de musique concrète sortent de leur cage. Mais la grande force tranquille du disque est de créer des thèmes mélodiques à la beauté universelle (2800 Kevin, 40), toujours victorieux de ces petits accidents mis volontairement par Imagho sur la route de sa création. On aimerait déjà les morceaux sans eux, on les adore encore plus ainsi produit. Une vraie réussite.

denizor
9
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le 25 août 2016

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