Entre deux mixtapes importées dans mon disque dur directement depuis les trap houses d'Atlanta, je fus saisi d'une soudaine envie de grosses guitares. Pas nostalgique de mon adolescence pour autant, je décidai de m'en remettre à la communauté Facebook via l'outil merveilleusement fédérateur qu'est le statut, afin de prendre des nouvelles du rock contemporain, que j'ai perdu de vue et d'ouïe depuis bien deux années.
Un essaim de recommandations est arrivé aussi rapidement et nombreusement que les mouches sur la merde, sauf que ces mouches-ci apportaient leur propre merde avec elles, et tentaient de me la fourrer dans les oreilles. Toutefois, au milieu de ce sombre et malodorant nuage, un insecte étrange et coloré volait avec énergie et furie: Meatbodies.
Un album qui sonne comme une soirée passée entre Yuck, The Warlocks, The Vaccines et The Black Angels, qui auraient pris des drogues et bu de la gnôle toute la nuit, le tout en écoutant Gang of Four et en se mettant sur la gueule avec des bouteilles vides et des instruments.
Alors, du coup, ça sonne un peu convenu et c'est pas aussi bordélique que ce que ce mélange donnerait vraiment, mais on retrouve quand même dans cet album l'énergie, le psychédélisme, la fraicheur transpirante et le je-m'en-foutisme jubilatoire qu'on est en droit d'attendre d'une pareille rencontre.
Rien de bien innovant donc, mais ça fait longtemps que je ne crois plus au renouveau du rock (du vrai, pas des groupes de tapettes qui rajoutent des synthés Casio et effets électro-pop merdiques et niais à leur compositions). Mais la formation fonctionne, surtout grâce à sa bonne volonté sans limites et son absence complète de prise de tête et d'une quelconque forme de prétention musicale, un peu à la façon des Weezer du début: une bande de mecs qui font de la guitare pour emmerder le voisinage, chanter des conneries et passer un bon moment en foutant le bordel sur scène.
Exactement ce qu'il me fallait.