Lancé à l’époque où Hopper, son groupe, était en recherche de label, The Rodeo est devenu un projet à part entière pour Dorothée Hannequin. Des premières parties prestigieuses ont permis à la jeune femme de s’aguerrir dans le rôle de la folkeuse pur jus dont on imagine la face burinée derrière la guitare. Pour ce dernier détail physique, ce n’est heureusement pas le cas mais Dorothée, singeant sans trop d’effort – c’est-à-dire naturellement - la voix d’un vieux briscard du Kansas, se révèle à l’aise dans cet exercice de « désélectrification » d’Hopper. Même si The Rodeo prend néanmoins un peu d’Hopper – comme Franck Black, des Pixies – surtout sur People Know, cette autre identité permet à Dorothée d’explorer d’autres facettes de sa personnalité musicale.
La musique est presque nue sur I’m rude ou à peine soutenue par une guitare acoustique et un piano de saloon sur l’émouvant I could. Sur d'autres titres, la musique s’orne de quelques atours (banjo, violon…), donnant une joliesse certaine à Hard to say et une vraie beauté altière à winterlands. Le caractère bien trempé de la musique n'est pourtant jamais édulcoré. Ce genre de mélange entre élégance et rusticité que l’on retrouve chez Okkervill River est des plus rares et on peut se féliciter de le retrouver ici. Tout comme la pop Your love is Huge qui fait dans le refrain possiblement repris en chœur par une triptée de gars virils mais qui ne devient pas lourdingue. Bonne pioche !