Next inaugure dans la carrière de Mark Isham une décennie en partie constituée de scores pour le cinéma d’action (The Mechanic et sa suite, Homefront, Mr. Wolff), genre au sein duquel le compositeur et trompettiste américain s’était auparavant rarement aventuré.
Le film de Lee Tamahori se présente à l'écran comme une copie de Paycheck, autre film d’action SF adapté d’une nouvelle de l’écrivain Philip K. Dick. Une filiation qui s’exprime jusque dans sa musique, la vélocité portée par les cordes (Give Me Two Minute, Multiple Point Surveillance et Second And Broadway) et la fusion électronique/orchestre évoquant le style du compositeur John Powell. Next se caractérise également par une approche percussive à la mode Remote Control vers laquelle Isham se réfugiera systématiquement à l’avenir afin de muscler son jeu. Ainsi, ces pièces d’action remplissent leur fonction rythmique, heureusement pour le confort des oreilles sans trop céder de terrain aux percussions. Néanmoins, faute d’un développement mélodique notable, ces ruades se voient dépourvues d’enjeux dramatiques. Cela donne des morceaux interchangeables et purement illustratifs.
Nonobstant ce défaut, le score n’est pas désagréable à écouter, bénéficiant même d’un remarquable thème romantique associé au personnage de Cris (Nicolas Cage) et à sa relation naissante avec Liz (Jessica Biel) dans un style proche de celui d’Edward Shearmur pour K-Pax. Introduit dès le titre 8:09, ce thème est ensuite repris et développé dans Destiny, Carlotti Defines et I Believe Anything’s Possible.
En dehors de son joli thème romantique et des quelques textures électroniques originales disséminées ici et là (abrasive et granulaire dans Breaking News), Next fait partie de ces scores impersonnels produits par Mark Isham au cours des années 2000-2010. Une bande-son par ailleurs loin d’être aussi ébouriffante que la mise en plis arborée par Nicolas Cage dans le film.