J'ai eu la chance de rencontrer Greg Ashley. L'Américain venait faire la promo du second album de son groupe The Gris Gris, For the season une sorte de voyage psychédélique et initiatique dans un rock visionnaire issu d'un autre âge. J'avais été surpris de retrouver un jeune gars au visage poupon bien trop jeune pour avoir connu les années 70 et ses débordements. Et pourtant, Greg, il les kiffe ces années 60-70, celles qui ont accouché de l'Acid folk et de groupes aussi improbables qu'Os Mutantes ou Electric Prunes (ses deux groupes de référence). Greg sort aujourd'hui son deuxième album solo, toujours nourri de ce même background musical.
Painted Garden commence d'ailleurs par le long Song from the Limestone County un titre psyché qui sent les vapeurs de cannabis et les soirées où tout vacille. Tout l'album baigne dans cette atmosphère un peu évanescente et léthargique qui vous rend amnésique même dans les moments de chorales baba cool (Amnesia). Greg est donc tour à tour rockeur-crooner années 50 ( Pretty belladonna), bluesman du sud (Won't be along) fait au passage du proto desert rock (Caroline and the Orange Tree) ou essentiellement du folk onirique. Mais toutes ces facettes du personnage se diluent dans cet esprit tambourin et flûte "flower power". Greg garde le sourire aux lèvres (Corporation station agent), une béatitude souvent communicative.