Le fond et la forme. D’un côté une pop/rockn’ roll assez classique chanté avec nonchalance souvent d’une voix de fausset. De l’autre, un traitement particulier nimbant toute la musique dans un brouillard trouble et troublant : comme du Nancy Sinatra totalement brouillé par l’univers électrique, baveuse et crado de Jesus and Mary Chain. Comme du Raveonettes sans savonnette. Les Texans de Pure X proposent une musique qui semble avoir été produite dans un état semi comateux, après une soirée bien arrosée au moment où la perception de la réalité se déforme et tout geste se fait au ralenti. Le meilleur morceau du disque est d’ailleurs le plus abstrait, Surface qui ressemble à une dérive hallucinogène vaguement curiste où le chant devient totalement vaporeux. En tout cas, une chose est sûre, David Lynch adorerait Pure X ! Cette production typée qui fait toute l’originalité de Pleasure en fait aussi sa limite : une bonne idée, c’est bien ; sur tout un disque, c’est déjà plus lassant. Alors, on imagine sur toute une discographie. Une petite partie de plaisir perverse qui doit rester limitée.