Complétement dingue ! Le chef-d'oeuvre des Talking Heads !

Avis sur Remain in Light

Avatar Frank Reich
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C'est donc un jour pluvieux de janvier que je trouve Remain In Light et Naked cachés au fin fond d'un bac de cd's.
Les deux disques sont intriguant, surtout par leur pochette. Je connaissais de réputation Remain In Light et la pochette ne m'était donc pas inconnue. Mais a l'époque, ma connaissance des Heads se limitait à "Psycho Killer" que je n'appréciai pas forcément. Il était donc temps de compléter ma discographie avec quelques disques du groupe a Byrne.

En rentrant, c'est Remain In Light qui se retrouve sur ma platine.
Tout de suite le son me semble plus froid que sur Speaking In Tongues.
Renseignement pris, l'album est produit par Brian Eno. Les paroles et le chant de David Byrne sont assez fous, mais reste une marque de fabrique du son Talking Heads. On remarque également l'usage massif de percussions et d'effets sur les morceaux, ce qui m'a paru un peu déroutant à la première écoute. Puis au bout de quelques écoutes, je comprends enfin l'enchainement des trois premiers morceaux : "Born Under Punches", "Crosseyed And Painless" puis "The Great Curve".
Le tempo s'accélère à chaque morceau et laisse une sorte d'exhibition de guitare funk s'ajouter à l'orgie du groove venu tout droit d'Afrique.
Amoureux du groove depuis quelques temps, les trois premiers morceaux du disque sortent vraiment du lot et permettent en fait à l'auditeur non-expérimenté de soit :
1- arrêter le disque pour se passer quelque chose de plus accessible de la part des Heads (Stop Making Sense par exemple)
2- apprécier à juste valeur cette intro de folie pour encore mieux apprécier la suite.

Et la suite, c'est "Once In A Lifetime", sorte d'ovni pop funk. Un morceau également déroutant à la première écoute puis vraiment agréable et reconnaissable par la suite. C'est, avec "Psycho Killer", LE morceau qui fera connaitre le groupe. S'ensuit deux morceaux plus moyens mais non négligeables cependant : "Houses In Motion" et "Seen And Not Seen". Plus lents, plus introvertis, ces deux morceaux servent en fait de transition aux deux derniers morceaux, qui termineront l'album en beauté.
"Listening Wind" est clairement marqué de la patte Eno et évoque aussi bien l'Afrique que d'autres paysages magnifiques. "The Overload" est une tentative des Talking Heads d'imiter le son de Joy Division sans vraiment connaitre le son typique du quatuor de Manchester. C'est donc une imagination de ce que pourrait être ce son dont tout le monde parle à l'époque. En y pensant bien, "The Overload" évoque bien plus les travaux de Brian Eno, voire même de Gary Numan dans sa période Dance. Dans tous les cas, cette longue piste referme l'album dans une ambiance sombre et planante, peu commune au son habituel du groupe.

Ayant acheté la réedition remaster CD/DVD, j'ai pu remarquer la beauté du son 5.1 passé sur ma platine (qui est au passage un home cinéma, ce qui était le meilleur rapport qualité/prix pour un lycéen de 16 ans découvreur de musique a l'époque). En plus du son, quatres "outtakes" encore nommées par leur "working titles" viennent terminer le disque. "Fela's Riff", instrumental retrouve les caractéristiques des trois premiers morceaux : rythmique imparable et percus à quasi-outrance. Les deux compos suivantes, "Unison" et "Double Groove" sont plutôt basiques et retrouvent le même son que l'album. Enfin, "Right Start" est sûrement une ébauche encore instrumentale de "Once In A Lifetime" : même riff de basse et même gimmicks de guitare sur fond de rythme saccadés.
Ces quatre pistes bonus n'apportent rien de vraiment génial à l'album, c'est pourquoi je recommande d'acheter la version classique du CD qu'on trouvera le plus souvent dans les bacs à soldes.

Au final, ce disque des Talking Heads fut pour moi un excellent investissement. Je retrouve tout ce que j'aime dans ce genre de musique : du groove, du punch et de l'humour. Et si vous avez décidé de découvrir les Talking Heads avec cet album et que vous n'êtes pas convaincus à la première écoute, je vous conseille d'aller écouter Stop Making Sense et Speaking In Tongues afin de familiariser vos oreilles au son du groupe. Vous pouvez également vous pencher sur les travaux de Brian Eno avec David Bowie dont on perçoit parfois les relents dans cet album.
Et si comme moi vous appréciez particulièrement l'album mais le trouvez un peu trop court, alors je vous conseille d'aller écouter l'album de David Byrne et Brian Eno, My Life In The Bush Of Ghost qui reprendra basiquement les mêmes structures sonores mais en instrumental.

Tout est dit, il ne vous reste plus qu'a apprécier ce joyau de la musique new-wave !

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