La mondialisation a du bon et recevoir dans sa boîte aux lettres un album issu d’un label indépendant grec en est le preuve. D’autant plus que l’on ne s’attendait pas, venant de ce pays méditerranéen, découvrir un artiste « post-industriel ». Et pourtant c’est le cas sachant que les deux mots mis côte à côte sont aussi important l’un que l’autre ! Kostas Karamitas avance masqué et derrière son nom faussement japonisant et une pochette que l’on imaginerait choisi pour un album lounge, fait une musique radicale et sans compromission. Les premières secondes de Route Painless vous font l’effet d’entrer dans une friche industrielle. Seulement cinq morceaux mais 38’ quand même : la sortie n’est pas pour tout de suite.
Les sonorités rappelleront évidemment Nine Inch Nails ou Ministry avec cette force également répartie entre le synthétisme des machines et des guitares saignantes, bruististe et vrombissantes. Mais Tokyo Mask va plus loin et extirpe de sa musique industrielle une essence pure, des instrumentaux « fin de siècle » particulièrement impressionnants. Les morceaux entretiennent une forte intensité dramatique et certains restent encore proches des canons de la musique de Trent Reznor (Control, Death drive). Mais Karamitas va plus. Par exemple, The Human wreck ne module qu’une seule sonorité protéiforme particulièrement inquiétante : le genre d’ambiance idéale pour un film post-apocalyptique. Sur bastard son, Tokyo Mask dresse un vrai mur du son qui emplit l’espace pour mieux le scier en deux. Survivrez-vous à l’expérience ? Pas sûr…