Separation Road
6.7
Separation Road

Album de Anna Ternheim (2006)

Forte d’un succès inespéré dans son pays (double disque d’or, artiste révélation 2005), la Suédoise Anna Ternheim a pu réalisé son deuxième album dans des conditions confortables, loin en tout cas de celle de Someone Outside, le fameux premier, enregistré dans une cave. L’enregistrement ne s’est pas fait sans douleur, la chanteuse étant sous pression, mais le fait est là : Separation road est un album d’un tout autre acabit. Pour le meilleur et pour le pire. Girl laying down, le nouveau single, voit donc la jolie Suédoise soutenue par des cordes et cuivres, comme au bon vieux temps d'un show Télé de la BBC des années 60. C’est beau et bien fait. L’ampleur est là et le souffle qui va avec, mais la production est peut-être un peu trop lisse. De ce côté là, Isobel Campbell avec Amorino avait mieux réussi son coup dans le genre suranné de charme. Avec ce deuxième album, on s’aperçoit que l’on s’était un peu trompé sur le cas Ternheim, abusé sans doute par ses jolies chansons à la guitare acoustique (ici No subtle men), mais dont l’écriture et les compositions sont au final plus mainstream qu’indé. Et pour un Calling love, carrément féerique (Suzanne Vega meets Cocteau Twins), d’autres apparaissent comme un peu soupe. Heureusement - car il y a un heureusement, la Suédoise injecte dans sa musique quelques sons plus « creepy » comme diraient les Anglais qui sauvent carrément le disque et le rendent intrigant. Déjà sur le couplet de Girl laying down, la musique avançait au son d’un piano de film muet et de guitares éraillées à faire craquer le plancher. Pour la suite, entre orgue de film d’épouvante, guitares grincante sou de scie musicale, la pop/folk naturellement gentille de Ternheim se retrouve propulsée dans l’univers pervers d’un David Lynch avec la densité émotionnelle que cela suggère (Lovers dream et le particulièrement ambivalent one to blame). Ce qui laisse un grand espoir quand à la suite : la route n’est pas totalement séparée de l’esprit et l’exigence indé ; Anna Ternheim n’est pas encore totalement une artiste Universal.

denizor
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le 31 août 2015

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