On avait l’habitude que la folk s’acoquine avec des machines pour une folktronica à la beauté miniature, avec des petites programmations de clochettes et de délicates textures. Alex Delivery, quintette de Brooklyn, en propose une version monstrueuse avec des tonitruances à claviers déployés. Dans la même veine que Tunng, Thee More shallows mais en plus radical. Alex Delivery passe sans vergogne d’un chaos total à un songwriting recomposé et diablement beau (rainbows). Les morceaux flirtent avec les 10’ avec une ouverture incroyable qui nous plonge dans le vif du sujet sans round d’observation. Le maelström Komad se termine par une frénétique montée électronique, sorte de version krautrock de la danse de Sabbat.


Très fort. Le groupe ne s’octroie aucune limite, flirte allégrement avec le bruîtisme par des saturations, des sons éraillés (même dans des moments suspendus) et termine son œuvre au noir par une fanfare sous acide (Vesna). Milan, en milieu de parcours, traduit au mieux l’ambivalence de Alex Delivery entre sérénité d’un décor de l’Ouest et urgence industrielle d’une ville européenne. Le morceau qui n’est plus à un revirement d’humeur se termine dans le calme de cordes pincées de violons. Les Américains font une musique fin de siècle, mixant ensemble, folk, noise, Shoegazing, electronica, indus, krautrock et que sais-je encore. On est proche du choc de Loveless de My Bloody Valentine. C’est dire.

denizor
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs albums des années 2000 et Les meilleurs albums de 2007

Créée

le 8 sept. 2015

Critique lue 31 fois

denizor

Écrit par

Critique lue 31 fois

Du même critique

Oiseaux-Tempête

Oiseaux-Tempête

8

denizor

1605 critiques

Critique de Oiseaux-Tempête par denizor

Le monde appartient aux ambitieux et Oiseaux-Tempête ne nous propose pas un simple voyage post-rock mais une véritable Odyssée dans une musique qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Album après...

le 10 janv. 2014

36 quai des Orfèvres

36 quai des Orfèvres

2

denizor

1605 critiques

Critique de 36 quai des Orfèvres par denizor

Ce film est un imposture. Au moment de sa sortie, la production avait capitalisé sur le passé de flic d'Olivier Marchal pour nous vendre le film comme "ultra réaliste", montrant de l'intérieur les...

le 1 févr. 2016

Pain Is Beauty

Pain Is Beauty

8

denizor

1605 critiques

Critique de Pain Is Beauty par denizor

Il est amusant de voir la promo de Chelsea Wolfe ramer pour définir la musique de la demoiselle : « drone-metal-art-folk » tel est le genre-valise utilisé pour catégoriser la musique de l’Américaine...

le 28 oct. 2013