Plus de 10 ans après la chute du mur, l ‘Ouest et l’Est se réconcilient musicalement. En 2006, Beirut et Matt Elliott ont tracé la voie. Les Anglais de Ralfe Band (Oly Ralfe et Andrew Mitchell) continuent de mettre un peu d’Est dans leur folk des Appalaches. Il faut dire que dans toutes ses différentes contrées les musiciens se rejoignent dans une même ivresse musicale, les alcools changent mais le plaisir reste le même. La musique de Ralfe band sera donc aussi généreuse que chaotiquement avinée (Women of Japan). Bourré d’instruments acoustiques (mandoline, accordéon, piano bastringue, percussions en tout genre…), bâti sur des rythmiques de polka, valse, mazurka…Swords est une invitation à la fête, le sourire énorme mais avec une pointe de tristesse dans le cœur - l’âme de l’Est sans doute – (Albatros waltz) voire de folie destructrice (Frascati waz southbound et sa fin dissonante).
Même dans les moments les plus dépouillés sans tambour ni trompette, où une seule guitare acoustique vient accompagner la voix, une chorale vient en fin de parcours amener un peu de chaleur à l’humeur maussade. La musique de Will Oldham (référence américaine des Anglais) prend avec Ralfe Band quelques couleurs, ce qui est particulièrement grisant. Notre paire de Geotrouvetout peut être véritablement inventif : Arrow and bow construit sur des sonorités bizarres et des instruments en liberté. Avec Bruno mindhorn, elle transfigure même les époques comme une musique de films italiens des années 60 passée par le tamis moderniste des années 2000. L’invitation au voyage révèle donc son lot de surprises et Swords est tout sauf un coup d’épée dans l’eau(-de-vie).