Herman Brood est un artiste aujourd’hui totalement oublié en dehors de son pays, les Pays-Bas, où il est considéré à juste titre comme une légende nationale du rock. Un artiste polyvalent (peintre, poète...) et tourmenté. Cette compilation date de 1988, à un moment où sa carrière était déjà dans le creux de la vague alors qu’elle avait débuté en fanfare en 1976 avec un 1er album sorti avec son groupe Wild Romance. Son 2e album paru en 1978 est aussi celui qui a connu le plus de succès avec « Dope Sucks », « Rock & Roll Junkie » et leur premier tube néerlandais, « Saturday Night ». On les retrouve bien sûr dans cette compilation et pas moins de 5 morceaux sont extraits de cet album «Shpritsz ». Des titres efficaces mais qui montrent aussi l’omniprésence de la drogue dans sa vie. Des addictions qui l’enfoncent un peu plus. Dès le début des années 80, cette carrière commence à battre de l’aile. Son rock’n’roll est basique, carré et appelle « un chat, un chat », sans fausse pudeur. Un titre est extrait de son très bon live de 1979 « Cha Cha » (« Still Believe »). On peut quand même regretter une compilation courte (il y en a de bien plus complètes) et surtout un son eighties sur les CD de l’époque assez faiblard. Brood a réussi à revenir dans les années 90 mais ses démons l’ont rattrapé et il s’est suicidé en 2001. Des artistes aussi différents que U2 et Black Francis lui ont rendu hommage, reconnaissant son apport à l'histoire du rock et il reste une référence aux Pays-Bas.