Tout a été très vite pour A Red Season Shade. Une formation en 2003 pour un premier album enregistré 1 an pus tard ; un passage éclair entre Nice (leur ville) à un studio des Pays-Bas et maintenant une signature sur Gentlemen, un bon label Suisse (Velma, Magicrays, Honey for Petzi). Rien ne semble arrêté les Niçois, pas même les frontières. On ne sait pas si on doit à une ambition et une détermination sans faille cette irrésistible montée en puissance. A moins que ce ne soit le talent…ARSS ressemble à Rhésus, autre rapide au démarrage. Les deux groupes partagent ce même goût des mélodies et du son clair (Failure in some ways). Mais ARSS a été plus sensible aux sirènes du post-rock. Comprendre ici que le groupe aime les instrumentaux et qu'il propose le plus souvent des versions étendues et muettes de possibles chansons. ARSS a envie de prendre son temps et de se laisser enivrer par une mélodie au piano ou de beaux effets de guitare. Cela peut se comprendre et séduire l'auditeur (ce qui arrive fréquemment, il faut bien l'admettre), même si le groupe a parfois tendance à trop s'écouter et surtout reproduire des plans que l'on trouverait dans toute bonne méthode Assimil en post-rock. Comme Explosion in the sky, la musique reste toujours grand public, pas de dérive sonique, pas de structures zarbies… ARSS n'a aucune envie d'intellectualisation outrancière de sa musique. Ce qui repose un peu et nous rend le groupe extrêmement sympathique dans sa fraîcheur musicale. The outcome fosters detachment nous rappelle que son géniteur n'a que deux ans d'age avec tout ce que cela sous-entend d'imperfection. Mais le talent déjà présent ici ne demande pas mieux qu'à encore se développer et ARSS s'affranchira de ses modèles.