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"Surprise motherfucker"

Avis sur The Stage

Avatar Shiyo
Critique publiée par le

28 Octobre 2016.

Tout le monde est occupé à finaliser son costume d'Halloween ou à shred sur sa neuf cordes. Et alors que rien ne semblait pouvoir perturber cette paisible journée, un événement va vite lui donner une tournure plus intéressante. Dans le secret le plus (ou moins) total, Avenged Sevenfold sort un album surprise. Si comme moi tu aimes beaucoup Avenged Sevenfold, alors ce jour là tu as probablement augmenté le taux d'humidité habituel présent dans ton slip. Mais ton sous-vêtement à motifs Deathbat ne t'en veut pas parce qu'en ce jour sacré Avenged Sevenfold a sorti son meilleur disque.

La surprise a été presque entièrement préservée puisque c'est seulement la veille que quelqu'un a trouvé l'oeuvre chez un disquaire apparemment un peu trop pressé de faire sa marge. Une partie du mérite revient d'ailleurs à Chris Jericho qui a bien aidé le processus en faisant fuiter de fausses informations sur l'album, tel que le nom "Voltaic Oceans" accompagnée de sa date de sortie : "09/12/2016".

Après un album aussi peu inspiré et insignifiant que Hail to the King, j'étais un peu méfiant vis-à-vis de ce que pouvait encore offrir le groupe. Ma méfiance s'est prit un méchant taquet puisque c'est de la plus belle des manières que la bande à M.Shadows est revenue sur le devant de La Scène. (Si tu as compris la blague dépose un pouce vert et abonne-toi.)

L'album nous ouvre les bras de la plus étrange des manières, puisque c'est le single The Stage qui nous accueille. Une piste de plus de 8 minutes de long qui semble mêler des riffs tirés de Waking the Fallen, des solos extraits de City of Evil, des chants de l'album éponyme. Une bonne entrée en matière qui donne tout de suite le ton : Avenged Sevenfold est de retour.

Cependant ce serait parler trop vite que de dire qu'Avenged Sevenfold s'est contenté de reprendre ce qui a fait son succès. Les petits gars se sont débrouillés pour distiller des éléments progressifs qui font mouche un peu partout, et ça marche étonnamment bien en couple avec les compositions plus classiques du groupe. Les tremblantes trompettes de Sunny Disposition, les superbes chœurs de Higher, les doux violons de Roman Sky, la magnifique conclusion Exist... Mais les compositions classiques gagnent également en complexité et en intelligence. Je pense notamment aux motifs de guitares en retrait sur God Damn, aux moments laissés à la basse et à la batterie sur plusieurs titres tel que Paradigm ou Sunny Disposition, ou encore à la superbe conclusion de The Stage.

Les éléments progressifs ne prennent jamais le dessus dans les compositions, mais ils s'incorporent superbement aux formats classiques offerts par l'album. La preuve en est que presque aucune chanson ne se sépare du tiercé gagnant "couplet - refrain - couplet" et que seule Exist peut vraiment être considéré comme une chanson progressive.

Même les ballades traditionnelles que l'on retrouve à chaque album ne jouent pas la carte de la facilité comme pouvait le faire les très mielleux Dear God, So Far Away, Warmness on the Soul ou encore Crimson Day. Au revoir les guitares acoustiques et les vibratos sans fin. Ici elles se démarquent beaucoup moins du reste de l'album et ça fait beaucoup de bien.

The Stage semble également être une lettre d'amour à la batterie, qui jamais dans l'histoire du groupe n'aura été autant mise en valeur. Le tout est superbement joué par le nouveau batteur, Brooks Wackerman, qui est sans conteste un bien meilleur musicien que Arin Llejay. Son jeu très groovy donne un autre dimension aux percussions du groupe qui cherchaient une nouvelle identité depuis le triste départ de The Rev.

Les guitares ne sont pas en reste au vue du nombre de solos que contient l'album. Bien qu'un peu inégaux, ils sont pour la plupart très efficaces et surtout très bien interprété par le duo Synyster Gate/Zacky Vengeance qui semble être au top de sa forme. Ajoutez à ça le fait que la plupart des meilleurs riffs du groupe se trouvent sur cet album et vous obtenez un ce qui semble être le meilleur travail d'A7X en terme de mélodique et en rythmique.

La mélodie est également sublimée par la voix de M.Shadows qui continuera de diviser. Personnellement j'ai grandi en écoutant cette dernière donc c'est toujours un plaisir de l'entendre chanter. Surtout lorsque les performances vocales atteignent des sommets comme sur le refrain de God Damn, sur The Stage, Sunny Disposition (ces passages où M.Shadows chante par-dessus les trompettes... ♥) ou encore Roman Sky.

Pour la première fois le groupe a également décidé de créer un album concept sur l'intelligence artificielle, un sujet qui tenait beaucoup à cœur à M.Shadows. Loin de lui la volonté d'imposer des idées nouvelles, le but de l'album serait de sensibiliser son public aux problèmes de l'intelligence artificielle qui sera une problématique majeure de notre siècle. J'y connais pas grand chose en paroles puisque je suis pas vraiment (encore) un littéraire, mais l'idée est plaisante et la présence de Neil deGrasse sur Exist permet de légitimer un tant soit peu le propos.

Une composition d'un niveau inégalé, de l'audace, du progressif et le tout emballé dans un paquet cadeau qui semblait nous dire "Je t'aime". Avenged Sevenfold a signé ce jour-ci le plus grand jour de sa carrière, celui où il a sorti son meilleur album. Cette fois où au détour d'une journée banale ils nous ont offerts l'équivalent d'un chocolat chaud et d'un bisou sur le front enroulés dans un bon plaid devant nos cheminées alors qu'on ne le méritait pas. On ne l'oubliera pas, et on espère entendre encore des dizaines d'albums de cet acabit. Avenged Sevenfold je vous aime.

PS: la pochette est moche.

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