Je vous arrête tout de suite : Jennifer Gentle n'est pas une nouvelle chanteuse mais bel et bien un duo de mecs, italien de surcroît. D'ailleurs, si vous connaissiez mieux vos classiques, à savoir The Piper at the gates of dawn des Pink Floyd, vous ne vous seriez pas trompés ! Jennifer Gentle est un personnage de la chanson Lucifer sam. Maintenant c'est aussi le groupe de Marco Fasolo et Alessio Gastaldello, deux Italiens de Padoue qui, après deux albums, ont signé sur le prestigieux Sub Pop. C'est vrai qu'ils aiment tous les deux Syd Barrett et cela s'entend. Comme lui, ils ont ce côté troubadour folk doublé d'un expérimentateur tout terrain. Chez eux des ballons à gonfler deviennent des instruments, des soli de kazoo lancent la charge, des voix accélérées deviennent comiques (Nothing makes senses). Le psychédélisme emmené par un orgue Hammond laisse la place à une sombre contrebasse, un léger tintement de glockenspiel, le souffle d'un picolo ou tout simplement le chant des oiseaux. La bonne humeur à l'emporte-pièce laisse la place à des rythmiques roublardes et avinées ou à des moments pastoraux magnifiques qui rappelleront encore les années 60 de The Incredible String Band (Circle of sorrow). Leur univers est fait de bric et de broc et peut donner à la fois des bulles poétiques ou des moments de musique totalement déstructurée (Hessesopoa). Totalement à part, à moins que le folk psychédélique ne redevienne à la mode.