Midas avait ce pouvoir de changer le plomb en or. Dans une cruelle ironie, Midas Fall semble avoir le pouvoir inverse. La faute, non pas à la musique, mais à l'interprétation de Elizabeth Heaton, dont les affêteries et les simagrées vocales feraient passer Lorenna Mc Kennitt, Tori Amos (Heaton a ce genre de timbre), pas vraiment des modèles de sobriété. On a envie de dire à cette jeune anglaise que"trop de sensibilité tue la sensibilité" et que sa présence, tellement à fleur de peau (on la frole et elle éclate sans doute en sanglot) finit par agacer là où il voudrait toucher. Pour le reste, la musique, un mélange de post-rock et de dream-pop rehaussé d'électronica, fait bien le job. C'est du bel, ouvrage, quoique de plus en plus classique et, allant sur des sentiers musicaux de plus en plus, largement empruntés (de Jeniferever à Explosions in the Sky). On rêverait donc d'un Wilderness entièrement instrumental. Dommage pour nous.