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Le succès dans la continuité

Avis sur With The Beatles

Avatar Kantien Mackenzie
Critique publiée par le

Quatre mois après le succès de Please Please Me, les Beatles retournent en studio pour enregistrer un deuxième album. La « Beatlemania » est alors en plein essor. Après « Love Me Do », « Please Please Me » et « From Me To You », c’est « She Loves You » qui bombarde les ondes. Pour leur producteur George Martin et leur manager Brian Epstein, les Beatles sont des machines à produire des tubes à la chaîne : l’objectif était de « sortir un nouveau single des Beatles tous les trois mois, et deux albums par an », comme l’expliquera George Martin. Ils ne reculent devant rien pour vendre plus de disques : les Beatles accepteront avec réticence de chanter des versions de « She Loves You » et « I Want to Hold Your Hand » en allemand pour permettre à leur label de pénétrer davantage le marché germanique.

Le rythme des Fab Four est effréné entre concerts, composition, enregistrements, interviews, et tout ce qu’implique la vie de musicien et de star. With the Beatles, qui explosera les records de vente (plus d’un million d’exemplaires, une première pour l’époque), est enregistré en seulement sept sessions réparties sur trois mois. La formule est la même que pour Please Please Me : de courts morceaux dynamiques, parfois mélancoliques, qui parlent d'amour en des termes très simples. Près de la moitié sont des reprises, dans différents genres ayant tous contribué à forger le style des Beatles à l’époque, le fameux beat. Il a été relevé à juste titre qu’il existe même des correspondances précises entre les reprises des deux premiers albums. Hommages assumés ou simple façon de surfer sur une recette qui fonctionne ?

« Till There Was You » est ainsi une ballade de Meredith Willson joliment chantée par Paul McCartney, remplissant la même fonction que « A Taste of Honey » sur Please Please Me. « Devil in Her Heart » est une chanson pop initialement composée pour le girls band The Donays et passée au masculin par les Beatles (le titre initial était « Devil in His Heart »). Elle s’avère un brin meilleure que les semblables « Chains » et « Baby It’s You » de l’album précédent. « Please Mister Postman » est une autre chanson de girls band mais dans le style Motown, plus énergique et fonctionnant beaucoup avec les chœurs : pour le coup, c’est plutôt « Boys » dont elle constitue la suite et le doublon. « Money » est un rythm and blues sur lequel John Lennon s'égosille, équivalent de « Twist and Shout » et également placée à la fin de l’album. Enfin, « Roll Over Beethoven » est une reprise du pilier du rock’n’roll Chuck Berry : il s’agit du premier hommage direct des Beatles à ce genre qui est élément clé de leur matrice.

Les nouvelles compositions des Beatles constituent la facette la plus intéressante de l’album. Curieusement, ce ne sont pas celles composées à 50-50 % par John Lennon et Paul McCartney qui ressortent le plus. « Little Child » et « Hold Me Tight » font partie des titres faibles de leur catalogue. « I Wanna Be Your Man » est plus convaincante mais pas exceptionnelle non plus, si bien que les Beatles donneront ce titre péchu aux Rolling Stones qui en feront l’un de leurs premiers succès (preuve qu’il n’y a jamais vraiment eu de rivalité entre les deux groupes contrairement à ce qu’on a pu entendre). En revanche, John Lennon fait mouche avec l’entrée fracassante de « It Won’t Be Long » (rarement des claquements de mains auront produit plus d’effet que sur ce titre) et la justesse mélodique d’un « All I’ve Got to Do » jouant sur les contrastes. Paul McCartney excelle quant à lui avec la trépidante « All My Loving », à la fois très caractéristique de l’esthétique à laquelle les Beatles aspirent à l’époque et indémodable. George Harrison livre également une première composition plutôt réussie : « Dont’ Bother Me ».

Mine de rien, les Beatles évoluent. Ils accordent plus d’attention à leur son et à leurs instruments. Ringo Starr adopte sa batterie la plus emblématique ; George Harrison fait de même avec sa guitare et Paul McCartney achète une basse spécialement conçue pour le gaucher qu’il est. En studio, ils essaient de nouvelles techniques, comme l’enregistrement sur quatre pistes plutôt que deux, qui fera effet boule de neige dans la production musicale des années suivantes (avant d’être à son tour détrôné par l’enregistrement sur huit puis seize pistes). Lennon, qui n’aime pas son chant, double sa voix pour la déguiser. With the Beatles est donc un album de continuité dans lequel les Beatles perfectionnent leur style et qui, sans avoir la dimension extrêmement novatrice de productions ultérieures, reste très plaisant à écouter.

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