chronique écrite en 2005
Ce n'est pas un hasard si ce premier album de Hitchcock go home commence sur Blank une ballade au banjo avec interventions de trompette et rythmique assurée aux balais. Au final, une présence originale pour un groupe qui ne l'est pas moins. Les anciens Grenoblois exilés à Paris prennent le temps pour installer un climat. Economie de voix (une caractéristique affirmée du groupe) et un sillon qui semble tracé entre indie et country folk (entre Bedhead et Sixteen Horsepower). Mais avec eux, rien ne semble vraiment acquis et la suite va nous le montrer : un coward song, rock song efficace mais qui ne troque pas une certaine élégance naturelle ; sans parler de fin de morceaux imposant une montée en puissance noise que n'aurait pas renié Sonic Youth (Night falls).
HGH navigue entre ces attitudes pouvant toujours être considérés comme antinomiques ; une certaine contemplation attentiste qui met en avant la beauté intrinsèque d'un son et une violente décharge sonique ; un certain mutisme déjà cité et une voix finalement scandée (Misty) ; une retenue de chaque instant et une émotion à fleur de peau, des va et vient qui feront que l'on parlera de post-rock et que l'on citera Godspeed You Black Emperor en désespoir de cause pour combler un vide sémantique face à un groupe libéré de tout carcan. 50' pour dessiner_ à trois guitares_ un paysage au relief complexe avec des montagnes et des plaines, des steppes à perte de vue et des oasis luxuriants. Le panorama est de toute beauté.