chronique écrite en 2005
Plus/Minus arrive chez nous avec retard et pour se faire pardonner, les Américains nous gratifient d’une version étendue de You are here (2004) avec en bonus leur EP Hold Patterns (2003) et de quelques autres joyeusetés. On se demande pourquoi ne pas avoir accueilli plus tôt le trio New Yorkais, d’autant plus que son guitariste n’est autre que James Baluyut de Versus. Ce désormais double –album est une petite merveille d’indie-pop américaine, épousant un spectre aussi large que Stars et trouvant son style dans un terreau pourtant ultra connu. Plus/Minus est très fort car partant d’un genre codifié - un indie rock dans la veine de Yo La Tengo mais avec un esprit parfois « college » à la Better Than Ezra ou Nada Surf- ils se libèrent de ses règles assez rapidement.
Le trio soigne donc particulièrement ses batteries, au sens large du terme. Plus/Minus franchit la ligne de la boîte à rythme comme l’avait fait Postal Service, joue sur les syncopes du math rock (Ventriloquist), sur des percussions de marimba (Cutting out), sans abandonner ses guitares tendues. Plus/Minus aime aller là où on ne l’attend pas comme un Trapped under ice floes et son gimmick charmeur qui s’octroie un pause post-rock en son milieu, ou le sensible Surprise qui peut péter à tout moment. Le truc en plus qui emporte définitivement le morceau, les mélodies sont aussi imparables que chez les Anglais de Sprefab Sprout, voire chez les Smiths (Walking up it too hard). Ce groupe là à tout compris. Il y a deux autres albums inédits et XS qui sort aux USA en Octobre. On les attend de pieds fermes.