Le groupe retrouve une seconde jeunesse, sans Mike Portnoy en 2011.

En 2010, après une suite d’albums corrects mais pas inoubliables, Mike Portnoy membre fondateur de Dream Theater lassé par la sempiternelle alternance album-tournée décide de faire une pause. Ce qui ne convient pas aux autres membres. Au point que le Sieur Portnoy s’en va voguer vers d’autres aventures. Voilà un coup qui aurait pu mettre un point final à l’existence du groupe. Les fans pouvaient légitimement se poser la question. Beaucoup à ce moment-là auraient sans doute parié gros sur la séparation. Mais non, c’est même un peu le contraire qui se produit. John Myung, Jordan Rudess, John Petrucci et James Labrie, ont enrôlé Mike Mangini (Steve Vai, Extreme) pour remplacer Portnoy. Mangini était d’ailleurs le batteur des escapades en solo de LaBrie. Il en ressort un album un cran au-dessus ses prédécesseurs. Mangini assure sans génie mais il fait plus que sauver les meubles. Le groupe ressert les boulons et fait ce qu’il sait faire le mieux mais avait tendance à oublier depuis quelques années : de Dream Theater !!! On arrête les citations un peu trop évidentes et lourdes à Pink Floyd et Muse sur « Octavarium », à Metallica sur « Train Of Thought » et au Néo Metal sur "Systematic Chaos". On en revient à la base, du metal progressif, tout simplement, mélodique et oui, accrocheur, il n’y a aucune honte à ça.

Quatre titres dépassent les 10 mn, le plus long en faisant 12, mais sans jamais lasser, ce qui pouvait arriver sur certains de leurs morceaux-fleuves. Il y a une sorte d’évidence mélodique avec un LaBrie qui va rarement dans les aigus et nous offre une partition vocale plus mélancolique que d’habitude. C’est vrai que par exemple sur la ballade finale, « Beneath the surface », j’ai pensé au Marillion période Steve Hogarth. Bon, les trois ballades de l’album sont loin d’être désagréables mais elles ne sont pas non plus inoubliables. Plusieurs morceaux entrent bien dans les oreilles (et y restent) comme «On The Back Of Angels » et « Build me up, build me down ». « Breaking all illusions » est la dernière pièce maîtresse, pleine d’influences seventies (sans surprise le Floyd, ELP…) mais il y manque un petit je-ne-sais-quoi pour totalement emporter l’affaire et en faire un grand morceau. Dommage. «Bridges In The Sky » et en particulier son intro nous surprennent pour le coup avec les incantations chamaniques auxquelles des chœurs religieux succèdent. Juste avant que la batterie retentisse suivie d’une grosse guitare ! Au final, un album qui marque un certain renouveau, une certaine fraîcheur, un retour aux sources, malgré le ton assez sombre de l’ensemble, à commencer par son titre. Dream Theater loin de sombrer (ou de tomber comme le funambule de la pochette…Clin d’œil au « Famous Last Words » de Supertramp ???), réussit à nous sortir un bon album. Et bon sang, c’était loin d’être gagné au départ ! 7.5 étoiles si j'avais pu.

JOE-ROBERTS
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le 21 mars 2026

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