Sorti en 2012, A+E n’est pas l’album qu’on attendait forcément de Graham Coxon — mais c’est précisément ce qui fait son intérêt. Loin de ses balades plus mélancoliques ou des expérimentations lo-fi de ses débuts solo, il opte ici pour une approche plus électro-rock, presque clinique, comme s’il s’amusait à fusionner l’énergie brute du punk avec les pulsations froides d’un dancefloor décadent.
Ce qui m’a frappé, c’est cette tension constante : chaque morceau semble sur le point d’exploser, mais ne le fait jamais tout à fait. La nervosité des guitares, les rythmiques mécaniques, le chant parfois détaché… tout semble construit pour nous maintenir dans un état d’alerte presque euphorique. Mention spéciale à “Advice” ou “What’ll It Take”, qui illustrent parfaitement cette vibe mi-transgressive, mi-dansante.
Alors oui, tout ne fonctionne pas à la perfection. Certains titres tournent un peu en rond ou donnent l’impression d’un trip conceptuel un peu trop cérébral. Mais dans l’ensemble, A+E est une proposition audacieuse, cohérente et qui mérite l’écoute attentive qu’elle demande.
Une note de 7.5/10 me paraît juste : ce n’est pas un disque parfait, mais c’est un disque qui marque, et qui confirme que Graham Coxon, même loin de Blur, a encore beaucoup à dire.