Pour ceux qui avaient eu l’occasion de tomber sur les remarquables (dans tous les sens du terme) Orange Blossom, Prajna s’appréhendera encore comme le groupe de JC, leader dudit premier groupe. Ce qui générera forcément incompréhension voire déception. Car au final, à y regarder de plus prêt les deux groupes ne se ressemblent pas. C’est vrai il y a toujours le même fond électro-transe (Frutti di mare ou l’escapade dancefloor prajnadisco), les mêmes apports ethniques (ici par exemple l’Inde dans India Bomba, l’Afrique noire sur Oubly pa li). Mais alors que Orange Blossom se complaisait dans une noirceur presque Gothic (rappelons nous Die Stadt chanté… en allemand), Prajna distille avec son deuxième album un esprit festif qui les rapproche souvent de Zebda (y compris pour un chant ragga en français). A l’instar des Toulousains, Prajna se mouille et propose sa vision du monde _ comprendre "alter-mondialiste"(Ramdam). Face à l’adversité, le groupe hésitera entre l’implication et la fuite dans les étoiles (le meilleur titre Satellite qui mêle électronique 80’s, voix de muezzin et violoncelle). Avec tout ça, on se dira que le passage du label très connoté Electro dark/Heavenly de Prikosnovenie vers le métissé et engagé Small Axe est donc doublement justifié. Les fans de Orange Blossom en tout cas n’y trouveront pas toujours leur compte mais leur démission sera compensé par un nouveau public. Le dernier instrumental Mokusa, tout droit sorti d’une BO de Kitano ou d’Imamura réconciliera peut-être tout le monde.