Sur cette nouvelle galette, In Flames continue de suivre le chemin emprunté depuis de nombreuses années, celui qui le guide toujours plus loin de ses terres d'origine, à savoir le melodeath, et cette démarche d'évolution quasi constante depuis The Jester Race est en tout cas largement louable, peu importe la raison.
J'allais poursuivre avec les points positifs que j'avais noté concernant ce déjà neuvième opus du groupe, mais je m'aperçois que la liste s'arrête ici (ou alors j'ai paumé mon post-it).
En effet, toute la puissance dégagée sur les 8 premiers opus (pourtant pas forcément tous exempt de défauts, mais il y avait ça au moins) est comme absente ici. Le groupe semble encore avoir l'envie d'y aller (on est loin d'être au stade full balades et Anders Fridén n'en est pas encore au stade full chant clair non plus), mais il n'a plus assez de force pour ça, ou alors, il se bride lui-même, et aseptise volontairement sa musique (Pourquoi donc qu'ils feraient ça hein ? Je redirige vers une des chansons d'un groupe venu des mêmes contrées qu'eux).
Outre la niaque et la hargne des premières années (qui était même encore présente sur Come Clarity), il manque aussi la (relative) créativité et l'inspiration dont le groupe faisait assez souvent preuve. Tout se ressemble et aucun risque n'est pris.
Plus haut, j'écris qu'on ne peut que louer la décision du groupe que de continuer à évoluer et à ne pas vouloir faire machine arrière pour satisfaire les gens mécontents depuis Reroute to Remain (voire Clayman pour certains), mais fallait-il pour autant sacrifier tout ce que ce groupe faisait de bien et en livrer une version édulcorée au possible ? Je ne le crois pas.
Dans ma critique de Soundtrack to Your Escape, je parle de différentes voies qu'In Flames aurait pu emprunter après Lunar Strain. La plus logique, à savoir poursuivre dans le melodeath et peaufiner son propos, a été choisie en premier lieu, avant que le groupe ne choisisse de s'en éloigner, refusant de suivre un chemin tout tracé, mais quand on voit que ce périple les a amené à cet endroit, on peut se demander s'ils ne se sont pas paumés quelque part. Tous les chemins mènent à Rome comme on dit !