Aaliyah
7.2
Aaliyah

Album de Aaliyah (2001)

Le R'N'B est ce courant musical américain consensuel qui sait faire rimer popularité et qualité. Il est le parfait trait d'union entre l'exigence du Be-Bop et du jazz afro-américain à la Mile Davis, "l'entertainement" de la Soul à la Marvin Gaye et James Brown et le rap contestataire à la Tupac et autre Notorious Big. Cette convergence des genres peut à son meilleur nous entraîner dans une vibe très funky, elle peut aussi nous vriller les tympans lorsque des tacherons l'ostracisent pour envahir les charts.


Souvenons nous alors de la fugace existence de Aaliyah, princesse sitôt disparue son apparition sur la scène des chanteuses charismatiques. Une starisation à outrance et des clips parfois inconséquents ne doivent pas faire oublier que son talent était lui bien réel. Sa voix de velours et ses mélodies entraînantes n'avaient d'égal que sa beauté ravageuse. Parmi ses nombreux tubes, "We need a resolution" en duo avec le non moins fameux Timbaland ou elle cristallise sa rupture amoureuse à coup de lamentation presque lascive. Si les paroles n'ont rien de révolutionnaire, elle savait suggérer une sensualité latente tout à fait à même d'émoustiller les ados que nous étions alors. "More than a Wooman" s'érigeait en simili-manifeste féministe ou elle s'affirmait moins en distributrice de bonne conscience qu'en femme combative et soucieuse de s'affranchir de son image commerciale.


Des chansons à la renommée moindre telles que "Red beetween the lines", "I Refuse" ou encore "Those where the days" tendaient à démontrer qu'elle n'était pas la simple poupée que son imagerie bling-bling laissait supposer. Il est d'ailleurs assez explicite que ces titres figurent sur l'album sans doute le plus personnel à ses yeux, et dont le nom fait presque office de confession: "Aalyah". Un album concept en quelque sorte, qui n'oubliait jamais de nous faire danser mais dont les quelques échappées belles manifestaient un désir aigu d'exister. En exergue, son plus grand succès "Try again" ou elle haranguait son possible compagnon de l'époque. Dernier cri de révolte d'une étoile filante qui échappait à toutes les cases prédestinés. Vu l'état actuel d'un courant en pleine déliquescence, nous ferions bien d'y prêter attention.

Sabri_Collignon
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs albums qui vous ont fait aimer la musique et Les meilleurs albums de soul

Créée

le 25 avr. 2016

Critique lue 719 fois

Critique lue 719 fois

5

D'autres avis sur Aaliyah

Aaliyah

Aaliyah

8

GuillaumeL666

8446 critiques

Dust yourself off and try again, try again

Comme je sais peu de choses d'Aaliyah, j'ai enfin sauté le pas et écouté son album éponyme, sans doute le plus connu de sa discographie. Je savais juste, en gros, qu'elle avait beaucoup de talent,...

le 9 avr. 2024

Aaliyah

Aaliyah

7

Shadyoan

204 critiques

Moi qui détestais ca...

Si vous connaissez mes gouts musicaux, vous saurez que je déteste le RnB, pour de multiples raisons mais principalement pour les mélodies excessive et les textes redondant... Mais dans cet album je...

le 29 oct. 2024

Du même critique

Timbuktu

Timbuktu

7

Sabri_Collignon

471 critiques

Conte Africain en Terre Sainte!

Abderrahmane Sissako est l’un des rares cinéastes africains contemporains à pouvoir trouver sa place dans le gotha du « World Cinéma » et c’est cette reconnaissance, française en premier lieu, et...

le 15 déc. 2014

Benedetta

Benedetta

4

Sabri_Collignon

471 critiques

Saint Paul miséricordieux

Verhoeven se voudrait insolent et grivois, il n'est au mieux que pathétique et périmé. Son mysticisme atteint des sommets de kitch dans une parabole pécheresse qui manque clairement de chaire (un...

le 13 juil. 2021

Un p'tit truc en plus

Un p'tit truc en plus

1

Sabri_Collignon

471 critiques

Le triomphe hypocrite de la condescendance

RETOUR SUR LE FILM par le compte Facebook D'images et de mots qu'on peut facilement trouver. Voici toutes les raisons pour lesquelles il hors de question que je perde mon temps avec ce truc. Et au...

le 5 sept. 2024