About Face
6.4
About Face

Album de David Gilmour (1984)

2e album en solo en 1984, pas si mal

Waters a quitté Pink Floyd en 1983, Gilmour y étant réduit à la portion congrue sur « The Final Cut ». Une longue bataille judiciaire s’était engagée entre lui et Gilmour pour l’utilisation du nom « Pink Floyd ». Ce dernier peut donc se lancer dans son 2e album en solo, enregistré à Paris, on imagine qu’il a pu apparaître comme une récréation au milieu de ce marasme où les coups volaient bas. Gilmour est un immense guitariste, ça ne se discute même pas mais ses albums solo m’ont rarement convaincu, je les ai souvent trouvés assez soporifiques (par exemple « On an Island » et « Rattle that lock », rien à faire, les écoutes multiples n’y changent rien). On peut lui reprocher ici une production très « eighties » signée Bob Ezrin, avec des sons synthétiques, mais pas plus que dans beaucoup d’albums de cette époque, une trop grande réverbération sur la voix (fréquente chez lui). Mais Gilmour nous évite de « faire du Pink Floyd » à lui seul et ça, c’est une grosse qualité, bien que sur des morceaux comme « Out of the blue », on y pense évidemment, impossible de nier qu’il est un architecte du « son Pink Floyd ».

Il s’entoure d’une pléiade de grands musiciens dont Jeff Porcaro à la batterie, Pino Palladino à la basse, Ian Kewley au piano et à l’orgue et en invités Steve Winwood, Jon Lord, Ray Cooper, Michael Kamen à la direction de l’orchestre…Bref, du beau monde. Gilmour est même capable de balancer un rock assez violent avec « All Lovers Are Deranged » dont les paroles sont signées par son pote Pete Townshend, comme «Love on the air ». On peut trouver dommage qu’un titre comme celui-ci ne soit plus interprété en concert depuis belle lurette (tournée 84 ???). Sur « Cruise » ce sont ses racines folk qu’il revisite, dérivant vers un reggae sur la fin. Sur « You Know I'm Right » c’est sans aucun doute une pique envers Waters. Gilmour nous dit ici : « Now we survey this silent battleground/ Recriminations all around/ And still no compromise is found ». Un album qui avait été injustement méprisé à sa sortie et que je trouve pourtant plutôt agréable et bien plus énergique que les suivants. « On an Island » ne sortira que 22 ans plus tard et lui, pour le coup, sera à mon sens surestimé.

JOE-ROBERTS
6
Écrit par

Créée

le 4 mars 2025

Critique lue 22 fois

JOE-ROBERTS

Écrit par

Critique lue 22 fois

D'autres avis sur About Face

About Face

About Face

6

JOE-ROBERTS

2404 critiques

2e album en solo en 1984, pas si mal

Waters a quitté Pink Floyd en 1983, Gilmour y étant réduit à la portion congrue sur « The Final Cut ». Une longue bataille judiciaire s’était engagée entre lui et Gilmour pour l’utilisation du nom «...

le 4 mars 2025

Du même critique

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

9

JOE-ROBERTS

2404 critiques

Superbe prestation romaine.

Gilmour n’a fait que quelques dates pour sa tournée 2024 et aucune en France. En Europe, il fallait se contenter de Londres ou Rome, dans le site antique prestigieux du Circus Maximus (Genesis et...

le 19 sept. 2025

Le Murder Club du jeudi

Le Murder Club du jeudi

5

JOE-ROBERTS

2404 critiques

Un Cluedo en maison de retraite un peu trop pépère

Ce film a bénéficié de gros moyens et l’affiche est alléchante : Chris Columbus à la réalisation, un casting cinq étoiles réunissant Helen Mirren, Pierce Brosnan, Ben Kingsley et Celia Imrie dans le...

le 30 août 2025

C'est le Zodiaque qui vous parle

C'est le Zodiaque qui vous parle

7

JOE-ROBERTS

2404 critiques

Une des affaires les plus mystérieuses du XXe s (et du XXIe s ???)

Parmi les grandes enquêtes criminelles non résolues, celle de Jack l’Eventreur à la fin du XIXe s, a marqué les mémoires jusqu’à aujourd’hui. Mais celle concernant le Zodiaque est aussi un véritable...

le 29 oct. 2024