Cet album ne peut pas vieillir (vous si !) parce que : 1. c'est un concentré d'énergie, 2. il se rapproche plus de la matière première que du produit léché, 3. il pue le blues rock.
De cette matière première, Metallica, Venom, Slayer, et tant d'autres, en tireront profit pour construire leur petite usine à gaz ; du blues rock, Lemmy continuera à en produire, à sa façon brute et brutale, pendant des décennies ; quant à l'énergie, écoutez cette album en voiture et vous aurez une amende pour excés de vitesse (ou grillage de feux because relucage de chassis) !
Si Motörhead n'a pas inventé la poudre, il l'a fait explosé ! Les titres sont courts, directs, jouissifs, musclés, virils et très, très rapides. Ce n'est pas que le groupe joue vite, l'avenir nous montrera des groupes supersoniques, mais il pousse la machine à fond et ça fait ...vroooooouuuuum !
Philty l'animal matraque avec dextérité, Lemmy vrombit avec rage et Eddie nous la joue vicieux avec ses solos aux amphétamines.
Avec cet album, Lemmy redéfinit les canons du hard rock, vandalise l'espace sonore de ses auditeurs, et grave au couteau empoisoné ses initiales dans l'histoire du rock'n'roll.